1 avril 2017

Pîtres gallo-romain


Théâtre gallo-romain à Pîtres


L’époque gallo-romaine


Après la conquête de la Gaule par  César (Alésia, 52 av. J-C), la civilisation romaine s'étend progressivement sur l’ensemble du territoire. Les Romains sont des bâtisseurs, et la civilisation gallo-romaine a laissé de nombreuses traces. Pîtres est alors une cité importante, puisqu'on y trouve les traces de plusieurs villas, de thermes (établissement de bains) et même d’un théâtre.

La plupart de ces découvertes ont été faites au XIXe siècle par des habitants de Pîtres et ont attiré les chercheurs et érudits de la région, dont Léon Coutil et l'abbé Cochet sont les plus connus. Malheureusement il ne subsiste guère aujourd'hui que le souvenir de leur emplacement et les croquis qui ont été faits à l'époque. Nous nous appuyons largement dans cet article sur le bilan archéologique établi  pour Pîtres en 1992 par Claire Beurion.

Pîtres - Les thermes de la rue la Bise, relevé de Léon Coutil
Les thermes de la rue la Bise, relevé de Léon Coutil

Rue de la Bise : le grand balnéaire

En 1854, M. Lebert découvre sous sa maison une pièce circulaire de 9 mètres de diamètre dont le pavage repose sur des piliers d'hypocauste, conformément au système de chauffage par le sol qu'utilisaient les Romains dans leurs établissements de bains, plus un fourneau aménagé dans un espace de 8 m. sur 5,50 m., sans dallage. Deux portes voûtées sont superposées; celle du bas servait d'issue à la chaleur du fourneau pour passer sous les piliers de la pièce circulaire. Cette salle fut convertie en cave par M. Lebert. On pouvait la visiter au siècle dernier et y voir les murs antiques le long desquels étaient collés des tuyaux de chaleur en terre cuite (4).
En 1899, L. Coutil, qui avait d'abord cru reconnaître dans le balnéaire le fameux palais de Charles le Chauve creuse dans la cour de la ferme voisine  et trouve cinq autres pièces.

Exemple d'hypocauste,  sorte de cave où se diffuse la chaleur  (Thermes de Constantin, à Arles)
Exemple d'hypocauste,  sorte de cave où se diffuse la chaleur  (Thermes de Constantin, à Arles)
Les thermes étaient un élément essentiel du mode de vie romain ; on s’y lavait,  y rencontrait ses amis,  y faisait du sport,  jouait aux dés, on pouvait y trouver des livres,  y traiter des affaires et se restaurer. Ils étaient ouverts, sans distinction de classe sociale, aux hommes et aux femmes, mais dans des parties différentes ou à des heures différentes. Ils devinrent mixtes à la fin de l'Empire .
Ils appartenaient à l'État ou à des personnes privées.  Souvent, pour se faire valoir, les riches bourgeois édifiaient des thermes qu'ils mettaient gratuitement à la disposition du public . Le droit d'entrée était normalement gratuit, mais on connaît des cas où l'on demandait un prix d'entrée modique. Puis ils disparurent avec les invasions barbares, mais aussi parce que l'Eglise ne les voyait pas d'un bon œil .
Bien que modestes, ceux de Pîtres   attestent, avec le théâtre, de la présence d'une agglomération. 

Le théâtre, rue Bourgerue

Vers 1900, Léon  Coutil, un des pionniers de l'archéologie normande, s'appuyant sur la mention dans les Chroniques de Fontenelle d'un  "castrum de Pistis'', assiégé par les Normands en 855, et la présence à Pîtres d'un lieu-dit les Cateliers (du latin castellum, château), y engage des fouilles , espérant  découvrir les vestiges du palais de Charles le Chauve, et découvre...un théâtre gallo-romain. II remarque que des pierres et des blocs équarris provenant de la démolition du théâtre se retrouvent dans les murs et maisons construits sur le site.
En fait, l'appellation des "Cateliers"  semble indiquer que le théâtre , comme beaucoup de théâtres et arènes romains, avait été transformé en forteresse lors des invasions du Bas-Empire, d'où le "castrum de Pistis" et le "castellum" où résida plusieurs fois  Charles le Chauve, entre 862 et 869.   

 
Les théâtres romains en Haute-Normandie (DRAC 2006)
Les théâtres romains en Haute-Normandie (DRAC 2006)


Chemin de la Geôle

Le long du chemin de la Geôle, qui sur les plans anciens, ne correspond pas seulement à l'actuelle rue de la Geôle mais se poursuit jusqu'à Romilly, on a trouvé, en 1895, trois vases intacts, une écuelle, un vase ovoïde de 15 cm de haut, une cruche, une sorte de bol et un fragment de pierre portant une inscription en beaux caractères.


Cave gallo-romaine de la Pierre St Martin à Pîtres

Au Nouveau Pîtres, près du gymnase (Les Pendants , La Pierre Saint-Martin).

M.Lebert découvre une cave qu’il fouille et décrit à  L. Coutil :  "Cette cave mesure 2m70 sur 2m95. Un escalier de huit marches, situé à l'Est, permet d'y descendre. La profondeur du bâtiment est de 2m20 au dessous du sol du chemin. En face de l'escalier se trouvent deux niches arrondies à leur sommet. Sur la droite, une échancrure carrée correspondait peut-être à un soupirail destiné à donner un peu de clarté. Aucune trace de pavage n'a été retrouvée. Les murs sont construits en silex et blocs séparés par deux rangs de briques plates superposés. Les joints en mortier de chaux et sable gris siliceux étaient aplatis et passés au fer."  D'abord conservée avec soin par son propriétaire, M. Fréret, elle a disparu lors de l'agrandissement d'une ballastière. 
Cave gallo-romaine de la Pierre St Martin à Pîtres
Par la suite, en 1929, on a signalé aux Pendants,  "à gauche du chemin de la Pierre Saint-Martin, dans une propriété de M. Fréret", une importante villa gallo-romaine dont les murs avaient été rencontrés au cours de travaux de culture. On peut supposer que ces fondations et la cave appartiennent au même ensemble d'habitation.

L'ensemble des vestiges archéologiques situés aux Pendants a été totalement détruit par une carrière et le terrain de sport communal s'est installé à leur emplacement.  On atteste cependant la présence d'une cave au Nouveau Pitres,  aujourd'hui largement comblée de détritus, qui pourrait être cette cave ou être en rapport avec elle.


Le Fonds de Vaurenoux

A environ 50 mètres de la départementale, on a découvert les maçonneries d'une villa  du 1er ou 2ème siècle 


Nécropole Gallo-romaine à Pîtres
Nécropole Gallo-romaine à Pîtres

Nécropole Gallo-Romaine de la Remise 

A la période romaine, les sépultures à incinération présentent une grande variété de rites funéraires . Les ossements sont le plus souvent placés dans une urne en terre ou en verre, accompagnée d'offrandes parfois nombreuses, mais les os peuvent aussi être déposés en pleine terre. Dans certains cas, des systèmes de protection ont été aménagés : une tombe, protégée par un amas de calcaire et de fragments de tuiles a livré une cruche intacte, un bol en sigillée, un couvercle et une seconde cruche brisée; une autre était enfermée dans un coffre en bois

Dans certaines fosses subsistaient des traces de cercueils en bois. Des sarcophages gallo-romains en plomb ont également été signalés lors de l'exploitation de la ballastière. 


Enceinte gallo-romaine à Pîtres

Enceinte

Sur plusieurs points de la commune, L.Coutil a exhumé des fondations de murs à un mètre d'épaisseur, formés de gros blocs calcaire équarris. Il a supposé qu'il s'agissait de sections d'un seul et même mur formant une sorte d'enceinte continue autour du Pitres antique. Nous ne savons pas si cette hypothèse s'appuie sur une comparaison précise du mode de construction des différentes parties de murs où s'il s'agit d'une simple intuition. L'existence d'une enceinte reste aujourd'hui très incertaine et il est préférable, en l'absence de nouvelles découvertes, de considérer indépendamment chaque partie de maçonnerie. (d'après Claire Beurion)


Charles le Chauve, l'Édit de Pîtres


Charles le Chauve, dans la bible de Vivien, réalisée vers 845
Charles le Chauve, dans la bible de Vivien, réalisée vers 845 


Charles le Chauve, le château neuf  de Pîtres, les Normands.


Charles le Chauve est le petit-fils de Charlemagne . A sa naissance, en 823, son père, Louis le Pieux,  a déjà partagé l'Empire, qui s’étend sur une grande partie de l’Europe, entre ses trois premiers fils. Après de nombreuses batailles, accords et trahisons, il finit par obtenir ce qui deviendra le royaume de France, et recevra même, à la fin de sa vie, le titre d'Empereur des Romains, comme Charlemagne son grand-père.
Son surnom, il ne le doit nullement à une calvitie, mais au fait que contrairement à l’usage des guerriers francs, il porte les cheveux courts, comme les hommes d’Eglise. Il a passé sa vie à livrer bataille, mais aura toujours préféré négocier. Au traité de Verdun, en 843, il partage l'Empire avec Lothaire et Louis le Germanique, et reçoit la Francie Occidentale. Mais les  Normands font des incursions de plus en plus menaçantes, ne se contentant plus de piller les côtes, mais remontant la Loire et la Seine, et assiègent même Paris en 845. Charles le Chauve, qui doit constamment batailler contre des vassaux qui trahissent et même contre ses frères, commence par payer les  Normands pour qu'ils ne reviennent pas piller son territoire. Mais ceux-ci n'obéissent à aucune autorité unificatrice,  les uns prennent l’argent  et les autres continuent à piller….
Charles le Chauve décide donc de les arrêter, et de les empêcher de remonter la Seine. Ils ont établi dans une île, à Oissel, un camp permanent, et de là menacent  Paris. 

Le drakkar reconstitué et exposé au musée d'Oslo
Le drakkar  reconstitué et exposé au musée d'Oslo

La Chronique de Fontenelle (voir sources) rapporte qu'en août 855 un contingent de Vikings s'était emparé du "castrum de Pîtres ", sans aucun doute un camp retranché établi sur le théâtre gallo-romain. Charles le Chauve prend alors la décision de s'établir dans le Val de Pîtres et de leur barrer la Seine. Ce sera l'origine du pont de Pont de l'Arche. On discute encore pour savoir si le palais dont il ordonne alors la construction se trouvait à Pîtres, ou bien à Pont-de-l'Arche, ou entre les deux... Querelle d’érudits que  récapitule en 1792 Aubin-Louis Millin de Grandmaison, membre d’une multitude de sociétés savantes. L’intérêt de son texte est qu’il fait un inventaire exhaustif des sources écrites, même si ses opinions méritent quelques objections : la marée, par exemple, remonte bel et bien jusqu’à Pîtres,  et Pistes –Pistae en latin– est bien à l'origine du nom de Pîtres, mais désignait alors toute la basse vallée de l’Andelle. 

Implantations vikings sur les îles de la Seine
Implantations vikings sur les îles de la Seine

Nous le citons :
« Trompés par le nom d'un village, appelé Pitres, qu'ils ont découvert au confluent de l’Andelle et de la Seine , ils  [ ses prédécesseurs] ont privé le Pont-de-l'Arche de l'honneur d'occuper la place de Pistes, et ils l'ont attribuée à ce village. M. de Valois dit, dans sa Notice des Gaules , imprimée en 1675, qu'il n'y a plus de doute que ce Pitres n'occupe le lieu des Pistes. Son opinion est aussi celle des PP. Mabillon et Germain dans la Diplomatique , du P. Bessin dans son édition des conciles de Normandie et de M. le Brasseur dans l'histoire civile et ecclésiastique du comté d'Evreux. Ce dernier va jusqu'à appeler conciles des Pitres les conciles tenus à Pistes. Il n'y a guère que le P. Hardouin qui , dans la nouvelle édition de tous les conciles., soit revenu au premier sentiment par une note qui est à-côté du concile de Pistes de 861 ; qu'il met en 862 , et où il témoigne que des personnes fort instruites croient que ce lieu est le même que le Pont-de-1'Arche.[…]À l'exception du rapport de nom qui se trouve entre Pistes et Pîtres, et de la proximité des lieux, tout condamne le P. Mabillon et ses partisans, jusqu'au passage des anciens sur lesquels ils se fondent. On lit dans la vie de Saint Condet , solitaire du septième siècle, que le flux de la mer dans la Seine montait jusqu'à Pistes . Le Pont-de-l'Arche en est encore le terme ordinaire, et il ne parvient pas jusqu'à Pitres, qui est à une petite lieue au-dessus de cette ville. . Il est dit, dans les annales de Saint  Bertin, qu'en 862 , Charles le Chauve fit venir les grands du royaume , avec beaucoup d'ouvriers et de chariots, à Pistes , qui était au confluent de l'Andelle et de l'Eure avec la Seine , et qu'il y bâtit des forteresses, pour couper aux Normands le passage par ces rivières.

Pont-de-l'Arche par Nicolas Tassin 1731
Pont-de-l'Arche par Nicolas Tassin 1731

Voilà encore la véritable situation du Pont-de -l'Arche: celle de Pitres , qui est au seul confluent de l'Andelle avec la Seine, à une demi-lieue au-dessus du confluent de l'Eure, n'y convient pas , puisque des fortifications faites en cet endroit, auraient laissé aux Normands la liberté de cette autre rivière. Une chronique de Fontenelle nous apprend que Charles fit faire à Pistes, en 865, un pont, défendu à chaque bout par un très fort boulevard , après avoir chassé de ce lieu les Normands, qui avaient à leur tête Sidroc. Flodoard marque aussi que Himonar écrivit à Charles relativement à ce pont, et à Wenilon, archevêque de Rouen , qui en avait la conduite. Enfin, on lit encore dans les annales de Saint Bertin , que Charles se rendit à Amiens par le Mans et Evreux , ville voisine du nouveau château qu'il avait bâti à Pistes . Or, il n'y a à Pitres ni pont ni vestige de pont; tandis qu'au Pont-de-l'Arche on en voit un fort beau, à l'un des bouts duquel est un fort, qui y fait une île par le moyen d'un très large fossé où l'eau de la rivière passe , ce qui le rendait impénétrable du côté de la campagne. Il reste aussi quelque trace du fort, qui était à l'autre bout du côté de la ville. De plus, ce pont est fort ancien , puisqu'il en est fait mention dans des actes de près de 700. Ne vaut-il pas mieux convenir que ce pont est le même que celui que Charles fit construire cent quarante ans auparavant, dans la même place , que de supposer qu'un ouvrage si solide ait si tôt péri? »
  
Aujourd’hui, on semble s’accorder sur le fait que Charles le Chauve résidait à Pîtres, où il ordonna  en 873 la construction d’un château de pierre et de bois , le "château neuf de Pîtres" (castellum novum) des Annales de Saint-Bertin. Le terme « novum » suggère l'existence d'un établissement antérieur et l'on peut se demander si son l'emplacement n'est pas tout simplement celui du camp fortifié (castrum ) assiégé en 855.

Conciles de Charles le Chauve
Il n'y aurait donc peut-être, en fait de palais, qu’une réhabilitation d’un ancienne position mérovingienne, elle-même établie sur l’emplacement du théâtre gallo-romain. Pour le reste, c'est bien sûr à Pont-de-l'Arche que Charles le Chauve fit construire un pont, à une extrémité d'un territoire qui était nommé le Val de Pîtres .
Durant les séjours qu'il effectue à Pîtres, Charles le Chauve continue à régler les affaires du royaume, lors de Conciles (en latin concilium, qui donne aussi conseil), assemblées d'évêques et de nobles. C'est  au cours de l'un de ces conciles, tenu en 864, qu'est décidée une refonte des monnaies, dotant l'ensemble du royaume d'une seule monnaie, à cours obligatoire, puisque la refuser exposait au risque de bastonnade (quant aux  faux monnayeurs, ils ont la main coupée).

Cet Edit de Pîtres est donc un acte extrêmement important, bien connu des numismates, qui affirme une conception moderne et nationale de la monnaie.
Dom Guillaume Bessin, Concilia Rotomagensis provinciæ, Rouen, Vaultier, 1717
Dom Guillaume Bessin, Concilia Rotomagensis provinciæ, Rouen, Vaultier, 1717 
Avers et revers d'une monnaie de Charles le Chauve
Avers et revers d'une monnaie de Charles le Chauve

Dans le même ordre d'idées, l'édit prévoit aussi le recensement des hommes libres obligés de servir militairement le roi.
Il engage aussi la construction de forteresses pour faire face aux invasions vikings, et des améliorations du sort des esclaves et  colons.
En 875, Charles le Chauve  hérite du trône impérial et des royaumes d'Italie et de Provence, il  est à Rome pour Noël, 75 ans exactement après le couronnement de Charlemagne, pour y être couronné empereur par le pape, bien loin de Pîtres, qui servit à nouveau de séjour royal à plusieurs reprises sous le règne de Charles le Simple (898-911).


voir aussi notre article sur le pont de Pîtres

Sources

Les deux sources contemporaines des événements sont :
La  « Gesta Abbatum Fontanellensium », dite Chronique de Fontenelle, écrite par un moine du monastère de  Saint-Wandrille, dans la première moitié du IXème siècle
Les Annales de Saint Bertin écrites de 835 à 861 par Prudence, évêque de Troyes, puis jusqu'en 882 par Hincmar, archevêque de Reims traitent du royaume franc occidental de 829 à 882.


Ces récits sont des documents de première main, mais doivent néanmoins être reçus avec prudence: il s'agit rarement de témoignages directs, ils ne sont pas exempts d'erreurs et de volonté hagiographique.
Les seuls documents qui ne peuvent être sujets à caution sont les actes officiels : capitulaires, édits, décisions des conciles. Ils ont été collectés par Dom Guillaume Bessin, moine bénédictin,  le dernier d'une longue série de ses confrères qui ont travaillé à la collection des actes carolingiens, édités sous le titre Concilia Rotomagensis provinciæ (Conciles de la province de Rouen)





Un archéologue amateur : Louis Lebert

Louis Lebert Pîtres

Les débuts de l’archéologie
Louis Lebert, de Pîtres
Archéologue amateur


Cette photographie  montre Léon Coutil et Louis Lebert en train de fouiller à la base du menhir de la Pierre Saint-Martin, à Fleury-sur-Andelle, en 1890. Elle évoque les techniques de fouilles d’autrefois, qui semblent aujourd'hui bien rudimentaires.

Louis Lebert  porte la blouse du paysan, la casquette, et c'est lui qui creuse. Agriculteur de Pîtres, aisé et cultivé, il sait manier la pelle, la pioche et la charrue, ce qui ne l'empêche pas de s'intéresser à tout ce qui concerne le passé de sa région, dont il a retrouvé de nombreuses traces en labourant ses champs ou en fouillant ses propriétés :  il est l'inventeur* du balnéaire et de la cave Saint-Martin à Pîtres.

* en archéologie, celui qui découvre un site ou un objet important n'est pas nommé découvreur mais inventeur .
Ce sont ces archéologues amateurs du XIXème siècle qui ont permis de constituer le nécessaire stock de découvertes de départ, socle d'une archéologie professionnelle et scientifique dont nous avons eu l'exemple récent à Romilly et à Alizay. On regrette évidemment parfois aujourd'hui que certaines de ces fouilles n'aient pas été menées avec plus de précision, mais on ne disposait pas à l'époque des techniques de fouilles actuelles.
Louis Lebert Pîtres
Invitation à un congrès tenu en 1894

Au-dessus de lui, un  homme qui porte veste, chapeau, chaîne de montre en sautoir, et barbe plus finement taillée. Son geste, étudié, est là pour signifier qu'il dirige la fouille. C'est en effet, lui, un "savant": Léon Coutil (1846-1943) , fondateur en 1893 de la Commission des Antiquités du département de l'Eure, puis de la Société préhistorique française, est considéré comme le pionnier de l'archéologie pour toute la Normandie. Il avait commencé par étudier à l'Ecole des Beaux-Arts de Rouen. Spécialisé dans la gravure,  il a réalisé de nombreuses estampes, dont un bon nombre d'après Nicolas Poussin, qu'il a données au musée Poussin des Andelys, ville natale du peintre, dont il fut le premier conservateur.



Les documents nous ont été aimablement prêtés par des descendants de Louis Lebert, que nous tenons à remercier.



Le traité de Saint-Clair-sur-Epte

Statue de Rollon dans les jardins de l'Hôtel de Ville de Rouen
Statue de Rollon dans les jardins de l'Hôtel de Ville de Rouen

911 Naissance de la Normandie
Il y a onze siècles, par le Traité de Saint-Clair-sur-Epte, Charles le Simple cédait à Rollon la future Normandie


Petit-fils de Charles II le Chauve, Charles le Simple n'accède au pouvoir qu'après une longue séries de luttes interfamiliales qui affaiblissent le pouvoir carolingien, ce qui explique le recours à l'alliance avec le chef  normand Rollon.
Charles III le Simple
Charles III le Simple

François Neveux  université de Caen  :
"Nous ne connaissons ce traité que par le récit de Dudon de Saint-Quentin. La rencontre entre les parties a lieu à Saint-Clair, situé sur un petit affluent de la Seine, l’Epte. Rollon met ses mains dans celles de Charles le Simple, se reconnaissant ainsi comme son dépendant. En échange, le roi lui donne la main de sa fille, Gisla, et surtout lui cède la terre située « entre l’Epte et la mer », pour qu’il la tienne « en alleu et en propriété ». De plus, il lui permet d’aller piller la Bretagne, « pour qu’il puisse en tirer de quoi vivre ». [...] Dès l’année suivante (en 912 selon Dudon), il fut baptisé par l’archevêque de Rouen, de même que tous ses hommes. Il reçut le nom chrétien de Robert, celui de son parrain, le marquis de Neustrie. La réalité de ce traité de 911 est prouvée par un texte de 918. [Rollon] s’était engagé à empêcher d’autres Scandinaves de remonter la Seine et de poursuivre leurs ravages au cœur de la France. Dès lors, la nouvelle Normandie pouvait s’intégrer dans le royaume."

La scène légendaire de nos livres d’histoire (racontée par Dudon de Saint-Quentin)

«Rollon n'ayant pas voulu baiser le pied du roi, au moment où il reçut de celui-ci le duché de Normandie, les évêques lui dirent : Celui qui reçoit un tel don doit s'empresser de baiser le pied du roi. Mais Rollon leur répondit : Jamais je ne fléchirai mes genoux devant les genoux de quelqu'un, ni ne baiserai le pied de quelqu'un. Cependant, se rendant aux prières des Francs, il ordonna à l'un de ses guerriers de baiser le pied du roi. Le guerrier saisit le pied aussitôt, le porta à sa bouche en se tenant debout, le baisa en faisant tomber le roi à la renverse. Alors il s'éleva de grands éclats de rire et un grand tumulte dans le petit peuple.»
Rollon et Charles III le Simple Traité de Saint-Clair-sur-Epte
Extrait d’un manuel scolaire du début du XXe siècle

L’anecdote est-elle vraie ?

L’histoire est amusante mais Dudon de Saint-Quentin est un clerc qui écrit pour la cour des ducs de Normandie, autrement dit les descendants de Rollon. Il faut donc s’attendre de sa part à quelques anecdotes bonnes à flatter l’esprit d’indépendance des Normands. Quitte à les inventer ! Par exemple il laisse entendre à quel point les Normands étaient craints, en mettant en scène  un roi qui se trouve ridiculisé sans  même broncher .

Sources

Dudon de Saint-Quentin est l'auteur de De moribus et actis primorum Normanniae ducum (« Des moeurs et des Actions des premiers ducs de Normandie »), c'est un récit qui lui est commandé par le duc Richard Ier de Normandie, à la fin du Xe siècle, soit près d'un siècle après le traité. 

Les Normands

Fibule de Pîtres

Les Vikings
La fibule de Pîtres
De furore normanorum


"Libère-nous, Seigneur, de la fureur des hommes du Nord !", c'est la prière que l'on répète dans les églises après les multiples raids vikings du IXème, qui pillaient particulièrement  monastères et abbayes.
L'abbé Cochet, considéré comme un des principaux fondateurs de l'archéologie en France, conservateur du musée des Antiquités de Rouen, a travaillé longuement sur le site de  Pîtres, et après ses études sur la période gallo-romaine, il rend compte en 1871 dans cette "Notice sur deux fibules scandinaves trouvées à Pîtres (Eure) en 1865 et entrées au musée de Rouen" d'une très importante découverte
" Pendant cent ans les barques des hommes  du Nord ont couvert nos mers et envahi nos fleuves. A diverses reprises des nuées de pirates se sont abattues  sur nos rivages  et ont pillé nos villes et  rançonné nos abbayes. Un siècle entier ils ont fait trembler l'Europe et démoli  l'œuvre de Charlemagne : c'est à tel point que cette période de l'histoire peut être appelée le siècle des Normands. Les peuples, abandonnés de leurs chefs et réduits au désespoir,  se tournaient vers Dieu et les saints. Ils tiraient du fond des sanctuaires et du sein des tombeaux les  châsses et les reliques des martyrs et des confesseurs, qu'ils portaient processionnellement-à travers la contrée, demandant à grands cris d'être délivrés de la fureur des Normands.  La Seine les voyait périodiquement apparaître sur ses bords, et chaque printemps ramenait dans nos eaux les flottes barbares. Parfois même elles hivernaient dans nos îles et dans nos camps. L'histoire a enregistré les noms d'Oissel et de Jeufosse comme ayant été pour les Normands des stations de prédilection. …
De cette grande époque piratique, qui avait agité le monde et fait trembler l'Europe, nous ne possédions que quelques petites pièces d'argent connues sous le nom de monnaies des Rois de la mer. En dehors de cela nous n'avions pas une arme, pas un vase, pas un ornement que nous pussions avec certitude reporter à nos origines normandes. …On citait bien, il est vrai, le casque d'Amfreville-sous-les-Monts, aujourd'hui déposé au Musée National d'archéologie de Saint-Germain en Laye; mais la preuve de sa nationalité n'a  jamais été administrée. [...]
Aujourd'hui, grâce à la découverte dont nous venons de rendre compte, nous possédons sur l'époque normande des invasions un monument incontestable ….
Le casque gaulois trouvé en Seine à Amfreville-sous-les-Monts
Le casque gaulois trouvé en Seine à Amfreville-sous-les-Monts se trouve aujourd’hui au Musée National d'archéologie de Saint-Germain en Laye.

En 1865, un ouvrier terrassier tirait du caillou pour les routes dans un champ de la commune de Pitres, canton du Pont-de-l'Arche (Eure), quand il rencontra une sépulture dont il ne tint pas compte. Il venait de passer au tamis des cailloux remués par sa bêche et déjà il les avait jetés sur des tas de pierres choisies, lorsqu'il aperçut deux objets de métal fort différents du silex [...]
Le lieu [...]  est on ne peut plus intéressant pour l'époque qui nous occupe. Pitres, en effet, était un palatium mérovingien voisin des bords de la Seine, et peu éloigné de cette ile d'Oissel où avaient probablement hiverné les pirates scandinaves. C'était à Pitres qu'au plus fort des invasions Charles le Chauve avait réuni trois diètes ou conciles (de 861 à 869), afin de prendre des mesures contre ces mêmes Normands, la terreur de la France. Pitres et son royal palais durent être l'objet de toutes les convoitises des corsaires du Nord. Un d'entre eux, sans doute, y aura trouvé son tombeau.1 " 
1. Les Vikings pratiquaient traditionnellement l'incinération, mais on note à cette époque un nette régression au profit de l'inhumation.

Fibule de Pîtres
En fait, l'abbé aurait dû écrire "une d'entre elles", car ces fibules "en carapace de tortue" sont des attributs du vêtement féminin. Patrick Perrin, directeur des Musées et monuments de la Seine-Maritime  qui a consacré aux fibules de Pîtres un article dans la revue "Connaissance de l'Eure" d'avril 1993, explique que chacune est composée de deux pièces de bronze, réunies par des rivets, chacune étant les résultat d'un long travail de fonderie : matrice sculptée en bois dur, négatif primaire en argile, positif secondaire en cire perdue, négatif secondaire en argile  recouvert d'une couche de cire, puis d'argile pour obtenir la pièce avec ses deux faces, chauffage pour évacuer la cire, et enfin moulage du bronze…. travail qui n'est pas fondamentalement différent de ce qui se pratique aujourd'hui à quelques centaines de mètres dans les aciéries du Manoir.
Fibule
L'utilisation des fibules.

Ces fibules sont assez répandues dans les nécropoles scandinaves, mais le modèle de Pîtres  est relativement rare, et paraît originaire de Norvège.

Détail de la fibule de Pîtres
Détail de la fibule

Quant à la présence de cette tombe à Pîtres, elle ne peut s'expliquer que par un séjour prolongé de Vikings, qui dans ce cas pouvaient amener leurs femmes, peut-être en 855 lors de la prise du castrum.


Les commerçants de Pîtres

Boucherie Aublé Pîtres


Quand Pîtres avait encore beaucoup de commerces …


Si vous trouviez des erreurs de dates,  de noms, de lieux dans cet article ou si vous pouvez apporter des précisions, n'hésitez pas à nous les communiquer

Nous avons recensé 20 commerçants et artisans vers 1950 et 15 vers 1930 essentiellement rue des Moulins et rue Bourgerue, le vrai centre du village

Dans la rue Bourgerue,

Epicerie la Ruche Pîtres - Les deux écoles n'étaient pas encore construites
Les deux écoles n'étaient pas encore construites

au n°1 , la Ruche –épicerie- qui était avant 1940 rue des Moulins au n° 43 est tenue par Mme BOSCHER puis par M et Mme LEFEBVRE. Elle disparaît vers 1990
Vers 1953, le cinéma se tenait dans la salle des fêtes, vendredi et samedi soir et le dimanche , 2 séances avec M CHARRIER
Le « Tilleul » était tenu par M. DEGANS vers 1930, par M et Mme FRETIGNY , il disparaît vers 2000, il est démoli pour faire place à 4 logements individuels.

Le Tilleul Pîtres - Fête du village dans la cour du "Tilleul"
Fête du village dans la cour du "Tilleul"

En continuant dans la rue, on trouvait au n° 14 "le Tilleul", café, restaurant.
On y faisait la fête du village et même du cinéma.

Au n°16, vers 1930, un des frères LENORMAND était coiffeur. (l'autre frère était aussi coiffeur mais rue du taillis, au 39).

Une ancienne carte postale de la rue Bourgerue Pîtres
Une ancienne carte postale de la rue Bourgerue

A côté au n° 18, M et Mme HERVIEU, épicerie, fruits et légumes, poisson le vendredi, M.HERVIEU fils devient plus tard ambulancier et le commerce disparait

Au n°7, on trouvait Annette GIBELLI qui vendait de la laine et de la mercerie et cesse son activité vers 1960
Rue Bourgerue Pître

Rue Bourgerue Pître
Deux  cartes postales de la rue Bourgerue avant la première guerre mondiale 
en haut : vue vers le « Tilleul »
et en bas  : vue vers «  la Pointe »
Il y a 21 personnages ! Reconnaissez vous vos ancêtres ?

Au n°11, le bureau de tabac, épicerie, café, (et même restaurant pendant quelques années) apparaît sur quelques-unes des plus anciennes cartes postales de Pîtres. Les propriétaires successifs furent Mme BALLEROI, arrière grand-mère de Mme Denise DUBOIS, puis Mme RENAUD jusque vers 1918-1919, Mme MILLIARD-MICAUX puis M et Mme BARQ, Melles MOREL, Mme DUVAL. Il s'appelle maintenant "le Marigny" et se trouve rue Mendes-France

Boucherie Aublé Pîtres
Boucherie Aublé

Boucherie Aublé Pîtres
C'est Pierre AUBLE en tablier sur les marches

Au n°24, on trouve la boucherie-charcuterie tenue aujourd'hui par M et Mme LAINE qui ont succédé à Michel AUBLE qui lui-même avait succédé à ses parents Pierre AUBLE qui avait pris la suite de M. BRICE succédant lui-même à M. MORTREUIL

Rue Bourgerue Pîtres
Carte postale plus ancienne ( toits en chaume)

Et enfin on termine la rue Bourgerue au n°30 avec la boucherie-charcuterie qui n'existait pas sur la carte postale des "4 routes" de 1911 .
C'est M.BOULARD père qui crée cette boucherie vers 1930 tenue ensuite par son fils Gaston puis par M et Mme BOURGOIN à partir de 1952 jusqu'en 1990. Cette boucherie disparaît en 1995

Dans la rue des Moulins,

Rue des Moulins Pîtres - Carte postale de 1906 : la  boulangerie :s’appelle  HALLET (?) et le bureau de tabac MILLIARD
Carte postale de 1906 : la  boulangerie :s’appelle  HALLET (?) et le bureau de tabac MILLIARD

au n°1 se trouve la boulangerie-pâtisserie tenue avant-guerre par M DEVAUX puis vers 1950 par M. DAVAINE. puis par M et Mme BARBARAY  M et Mme CORDIER (M CORDIER fils  voir ci-dessous et son épouse une demoiselle BARBARAY) ), prennent la succession   puis viennent en 1998 M et Mme GORDIEN : " La Fournée Gourmande"

En face, au n°2 dans les années 60 s'installent M et Mme PHILIPPE coiffeurs qui transféreront leur magasin rue Charles de Gaulle

La pharmacie de Monsieur CLEMENT, ancien maire de 1959 à 1977 se trouvait au n°1 rue des jardins. Il transfère son officine rue de la Geôle dans les années 60, au moment de la construction des immeubles.

Au  n°14 "Les Coop café-épicerie avaient été créées par Mme CAULE vers 1940. Elles sont reprises par M et Mme CORDIER qui y font aussi restaurant et coiffeur pour hommes par M. CORDIER. Ce magasin disparaît dans les années 90.
Avant de reprendre le magasin, M CORDIER était coiffeur pour hommes rue de la pointe haute au n°12


Rue des Moulins Pîtres
Carte postale colorisée

Au n°13, il y a deux cartes postales de ce magasin très ancien appartenant à la famille LESUEUR (de Janine BOURDET) puis par M BERTOGLIO, par M HERISSET vers 1940, par Jacques BECQUET en  1946 et par Jean-Pierre COBERT en 1985 qui transfère le magasin rue de la Geôle. Le bâtiment a été reconverti en appartements. A l'époque de M.BECQUET, c'était la "grande surface" de maintenant : on y trouvait tout : quincaillerie- droguerie- bonneterie- jouets – articles de bazar- bicyclettes- radio et c'était aussi un café-épicerie

Rue des Moulins Pîtres
Cette carte est plus ancienne que celle au dessus
Que vendait-on avant guerre dans ce genre de magasin ?
Il y a une belle vitrine !

Au n°22, M PEGARD était maréchal-ferrant .

Magasin Niquet Pîtres
Magasin Niquet Pîtres
Magasin Niquet Pîtres
On distingue sur cette bicyclette un mécanisme liant les pédales et le guidon

Au n°31 M. NICQUET tenait un magasin de cycles, articles de pêche, pétards et feux de bengale. M NICQUET avait inventé un perfectionnement à la bicyclette : l'arrache-clou et un système pour diminuer l’effort au pédalage !

Au n°37, encore un café–épicerie, mercerie, bonneterie vêtements tenue vers 1930 par Mme COURAGE puis vers 1950 par Bernadette MALIVOIR. C'est  Régis VIGOR ( fils de René VIGOR ) qui reprend ce magasin  qui disparaît dans les années 80

Au n° 43 existait "la Ruche" au moins jusqu'en 1940

Rue des jardins, 

Maurice LESUEUR avait une menuiserie. M. DOLLE lui a succédé

Rue du Bosc , 

on trouvait  au n°4 le  magasin de presse et graineterie de M DIENIS puis de Henriette et France COBERT.
Plus tard, en face au n°5 M FRERET y avait un garage jusque dans les années 80

Rue de la Gêole, 

la boulangerie FRERET était au n°11

Rue de l'église

au n°17 , Madame MARTIN a tenu pendant très longtemps le "café de la Mairie" qui lui aussi a fermé mais plus récemment en 2010. C'était aussi une épicerie.

Rue du taillis

Rue du Taillis Pîtres
On remarque une enseigne, certainement un menu affiché sur le pilier et des parasols

Rue du Taillis Pîtres
au n°30
Il y avait un café important " le Clos Normand" ,tenu par M MARREAU puis par Mme ORSI, Mme BEAUDOU et enfin par M CHEVALLIER dont le fils habite toujours cette maison.

Toujours dans la rue du Taillis, un peu plus loin, au n° 29 M DUPONT avait un garage jusque dans les années 70

Au n°43 , il y avait un marchand de charbons tenu par Mme et Mlle FORTIER.. Elles avaient 2 vaches et vendaient du lait au détail. Ce commerce disparaît en 1940
C'est le lieu de l'ancienne auto-école

Sente du Taillis 

Dans la sente du taillis un café 3ème catégorie tenu par M CHARDON ouvre vers 1937 mais pas pour longtemps car il arrête pendant la guerre

Chemin du Halage 

café des écluses Pîrtres
Les bords de Seine étaient animés , l'actuelle guinguette est à Amfreville sous les Monts , elle existe depuis longtemps et a fait l'objet de plusieurs cartes postales dont une lors des inondations de 1910
chemin du halage Pîtres

chemin du halage Pîtres
Mais à Pitres, sur le chemin du halage, il y avait aussi deux cafés restaurants hôtels qui accueillaient les pêcheurs

Le café-restaurant-hôtel GODARD Pîtres
Le café-restaurant-hôtel GODARD

Au n°13  le café GODARD est fermé depuis les années 90 mais est resté en l'état
Au n° 9 le café LEPRETRE  est maintenant une maison habitée par la fille de M et Mme LEPRETRE

On dénombre donc 7 épiceries vers 1950 et 8 cafés. Comme partout en France, la disparition des épiceries est due à l'apparition des grandes surfaces de distribution. Pour les cafés, apparus pour beaucoup après la première guerre mondiale, c'est certainement la télévision qui maintient les gens chez eux.