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4 janvier 2026

Trouvailles à Pîtres et ses environs immédiats

Trouvailles à Pîtres et ses environs immédiats - Sesterce de Lucille (IIe siècle ap. J.-C.)

Trouvailles à Pîtres et ses environs immédiats

Régulièrement, dans les champs, les bois ou les bords de cours d'eau, le passé affleure. Un œil non exercé ne remarquera rien, mais l'amateur, muni ou non d'un détecteur de métaux, verra un pièce de monnaie se dessiner dans la glaise, une boucle, un petit objet surgi du passé, qu'il se contentera de passer à l'eau, brosser légèrement, avant d'opérer des recherches pour l'identifier, finissant ainsi par se doter d'une solide culture historique.

La loi en France, assez tatillonne, permet néanmoins ce genre de loisir, à condition d'avoir l'autorisation du propriétaire des lieux, et bien entendu de ne pas chercher sur un site archéologique.

Longtemps très réticents, certains archéologues changent parfois d'avis, considérant que ce travail d'amateur peut néanmoins se révéler utile.

Les exemples que nous a montrés un jeune amateur nous ont quant à nous convaincus qu'exercée dans les règles, cette activité n'avait rien de dommageable, et se révélait même fort intéressante pour la connaissance de notre passé.

La rédaction


Monnaies de Napoléon III 

Trouvailles à Pîtres et ses environs immédiats - Monnaies de Napoléon III
Trouvailles à Pîtres et ses environs immédiats - Monnaies de Napoléon III

Ces trois monnaies de Napoléon III, de 5 et 10 centimes, faisaient partie des pièces courantes en circulation au milieu du XIXe siècle. Fabriquées majoritairement en cuivre, elles prennent avec le temps une teinte verdâtre due à l’oxydation au contact de l’air et de l’humidité.

À l’époque, ces pièces avaient une valeur réelle dans la vie quotidienne :

  • 2 centimes représentaient l’équivalent de quelques minutes de travail ou de produits de base comme un petit morceau de pain.
  • 5 centimes pouvaient payer un œuf ou une portion de lait.
  • 10 centimes équivalaient à un quart d’heure de salaire pour un ouvrier.

Ces monnaies témoignent de la vie économique du Second Empire, époque où Romilly, traversée par l’Andelle, connaissait un développement industriel important avec entre autres les fonderies de cuivre.

 

Demi-franc de Napoléon

Trouvailles à Pîtres et ses environs immédiats - Demi-franc de Napoléon

Cette monnaie en argent, datée de 1809, est un demi-franc frappé sous le règne de Napoléon Bonaparte. Son excellent état suggère qu’elle a été perdue rapidement après sa mise en circulation.

La valeur d’un demi-franc équivalait à plusieurs heures de travail d’un ouvrier ou à un repas complet pour une personne.

Fait remarquable, on peut encore y lire le nom du graveur : Tiolier (Pierre-Joseph Tiolier), ce qui témoigne de la finesse de conservation de cette pièce.

 

Poids monétaires du Moyen Âge

Trouvailles à Pîtres et ses environs immédiats - Poids monétaires du Moyen Âge

Ces deux petits objets discrets sont de véritables outils de contrôle dans le commerce médiéval. Datant vraisemblablement du haut Moyen Âge (Vème à IXème siècle), ils étaient utilisés pour peser les pièces d’or, afin de vérifier leur poids réglementaire et éviter les contrefaçons.

À cette époque, des faussaires pratiquaient en effet les "monnaies fourrées", coulées avec un métal peu coûteux puis plaquées d’or. Les poids permettaient de repérer ces fraudes. Ces poids sont un témoignage discret mais essentiel du fonctionnement économique médiéval, où la confiance dans la monnaie reposait sur la vigilance et la vérification manuelle.

Le fait de trouver ces poids à Pîtres, un lieu stratégique sur la Seine, suggère que le village était autrefois une plaque tournante du commerce fluvial.

 

Sesterce de Lucille (IIe siècle ap. J.-C.)

Trouvailles à Pîtres et ses environs immédiats - Sesterce de Lucille (IIe siècle ap. J.-C.)

Ce sesterce en bronze est frappé à l’effigie de Lucille, fille de l’empereur Marc Aurèle, au IIe siècle de notre ère. Il est remarquable par son diamètre imposant et les détails encore visibles malgré l’érosion du temps.

À l’époque, un sesterce représentait une somme non négligeable :

  • la moitié d’une journée de solde d’un légionnaire romain,
  • l’achat de plusieurs kilos de blé,
  • une modeste ration de vin ou d’huile.

Ces pièces circulaient dans tout l’Empire romain et reflétaient l’image impériale. Le portrait de Lucille, souvent idéalisé, servait autant à la propagande dynastique qu’à la communication visuelle du pouvoir impérial.

Trouver un sesterce localement nous rappelle combien l’influence de Rome s’étendait loin, et combien les échanges ont pu être riches et durables.

 

Hache polie néolithique

Trouvailles à Pîtres et ses environs immédiats - Hache polie néolithique

Cette hache polie néolithique est un véritable vestige de notre lointain passé. Ce type de découverte est rare et se fait généralement en bord de Seine, là où les populations préhistoriques tannaient les peaux, découpaient, fendaient et fabriquaient divers outils. Elle se distingue par sa forme régulière et ses traces blanchâtres caractéristiques du polissage. Ces haches sont le plus souvent en silex, mais on en trouve parfois en granit, voire en jade.

 

Ogives en plomb, guerre de 1870-1871

Trouvailles à Pîtres et ses environs immédiats - Ogives en plomb, guerre de 1870-1871

Pîtres fut marqué par les combats de la guerre franco-prussienne de 1870-1871. De forme conique et alourdies à leur base, ces projectiles étaient tirés avec les fusils à chargement par la culasse (notamment le Chassepot, côté français). Fabriquées en plomb, ces ogives s’aplatissaient à l’impact, causant de graves blessures, une des raisons pour lesquelles cette guerre fut si meurtrière. Leur présence à Pîtres témoigne des combats ou manœuvres qui ont eu lieu dans la région, car la Seine était une ligne stratégique. À l’époque, le prix d’une cartouche était négligeable pour les armées, mais chaque balle transportait un lourd coût humain. Ces vestiges nous rappellent le passage brutal de la modernité dans la guerre, marquée par l’industrie, la précision et l’efficacité létale.

 

Dés à coudre gallo-romains et médiévaux

Trouvailles à Pîtres et ses environs immédiats - Dés à coudre gallo-romains et médiévaux

Ces petits objets en bronze ou en alliage de cuivre sont des dés à coudre, utilisés entre l’époque gallo-romaine et le Moyen Âge.

Le dé à coudre gallo-romain, souvent plus fin et légèrement conique, servait à la couture domestique ou artisanale. Il témoigne de la place centrale du textile dans la vie quotidienne romaine, où chaque foyer cousait, réparait ou confectionnait vêtements et équipements.

Le dé médiéval, plus trapu et parfois décoré de motifs simples, montre la continuité d’un savoir-faire à travers les siècles. Ces objets, souvent perdus et retrouvés isolés, nous parlent d’activités discrètes, féminines ou artisanales, essentielles au quotidien mais rarement mentionnées dans les grands récits de l’Histoire.

Leur usure raconte aussi leur usage intensif : le fil et l’aiguille ont toujours accompagné les mains humaines dans les moments de paix comme de guerre.

 

Trois monnaies gauloises – Aulerques Éburovices

Trouvailles à Pîtres et ses environs immédiats - Trois monnaies gauloises – Aulerques Éburovices

Ces trois monnaies frappées par la tribu des Aulerques Éburovices, peuple gaulois du territoire de l’actuelle Normandie, datent des IIe et Ier siècles avant J.-C. Elles constituent un témoignage rare de l’économie et de l’identité locale avant la conquête romaine.

Parmi ces monnaies :

  • Deux sont en alliage cuivreux (électrum ou bronze), à iconographie stylisée (chevaux, têtes, symboles abstraits),
  • L’une est en argent, sans doute utilisée dans des échanges plus importants ou cérémoniels. À l’époque, ces monnaies avaient une valeur d’usage, mais aussi une valeur symbolique forte : elles affirmaient l’autonomie de la tribu, son réseau d’échanges, et sa capacité à battre monnaie. L’argent, métal précieux, servait à des transactions de haut rang, telles que l’achat de bétail, de terres ou le paiement d’alliés.
  • Leur style artistique très stylisé, loin du réalisme romain, illustre une esthétique celtique forte, à la fois spirituelle et graphique.

Retrouver ces pièces à Pîtres souligne combien ce site, même à l’époque gauloise, était connecté aux grands axes d’échange régionaux.

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Anneaux gallo-romains en bronze

Trouvailles à Pîtres et ses environs immédiats - Anneaux gallo-romains en bronze

Ces anneaux en bronze, typiques de l’époque gallo-romaine, ont pu avoir plusieurs usages : bagues, éléments de parure, anneaux utilitaires (sangles, harnais, vêtements).

Le bronze, facilement moulé, était un métal courant dans la vie quotidienne.
Leur simplicité ou ornementation permet parfois de distinguer leur usage :

  • Les plus ouvragés étaient ornementaux ou symboliques,
  • Les plus simples, fonctionnels, participaient à la vie domestique ou agricole.

Ces objets montrent l’intégration des Gaulois dans la culture matérielle romaine après la conquête, tout en conservant des éléments d’identité propres. Leur présence à Pîtres témoigne d’une occupation dense et active du territoire dès l’Antiquité.

 

Demi-sol de Louis XVI

Trouvailles à Pîtres et ses environs immédiats - Demi-sol de Louis XVI

Ce demi-sol (valant 1/240e d’un louis d’or) date du règne de Louis XVI (1774–1792). C’est une petite pièce de cuivre, utilisée dans les transactions courantes.
Sa valeur à l’époque était modeste : de quoi acheter un peu de pain, une chandelle ou payer un péage rural. Elle témoigne d’une monnaie royale fragilisée à la veille de la Révolution, alors que l’économie souffre d’inflation et que le peuple manque de confiance dans la couronne.

Retrouver cette pièce à Pîtres, c’est retrouver le quotidien des petites gens sous l’Ancien Régime.

 

Décimes de la Révolution française

Trouvailles à Pîtres et ses environs immédiats - Décimes de la Révolution française

Ces pièces de 1 décime ont été frappées pendant la Révolution française, souvent en cuivre ou cuivre rouge.

Le décime valait 10 centimes, et servait à remplacer l’ancienne monnaie royale, dans une volonté de rupture avec l’Ancien Régime.

Portant parfois les mentions « Liberté – Égalité », ces monnaies sont autant politiques que pratiques : elles servaient à acheter des denrées, des journaux, ou à payer de petits services.

Leur circulation à Pîtres montre l’impact national de la Révolution, jusque dans les zones rurales.

 

Boucle de ceinture du Moyen Âge

Trouvailles à Pîtres et ses environs immédiats - Boucle de ceinture du Moyen Âge

Cette boucle en métal, datée du Moyen Âge, était fixée à une ceinture en cuir. Elle pouvait appartenir à un vêtement civil, militaire ou religieux. Sa fabrication manuelle, ses formes parfois décorées, traduisent la fonction autant que le statut.

Ce type d’objet se perdait facilement, ce qui explique qu’on en retrouve en contexte isolé. Elle illustre un quotidien médiéval sobre mais fonctionnel, où les objets utilitaires étaient souvent uniques et durables.

 

Bouton militaire – Poilu du Génie (Première Guerre mondiale)

Trouvailles à Pîtres et ses environs immédiats - Bouton militaire – Poilu du Génie (Première Guerre mondiale)

Ce bouton en laiton ou cuivre porte l’insigne du Génie militaire français, arme spécialisée dans les travaux, fortifications, et transmissions.

Il appartenait à un poilu de la Première Guerre mondiale, probablement en poste ou en manœuvre à proximité de Pîtres. Ces boutons étaient standardisés mais portaient la fierté du régiment. Chaque bouton retrouvé est un fragment d’identité individuelle, perdu au milieu d’un conflit global.

 

Plomb de scellé – Tabac

Trouvailles à Pîtres et ses environs immédiats - Plomb de scellé – Tabac

Ce plomb de scellé servait à marquer un ballot de tabac, produit très réglementé au XVIIIe–XIXe siècle. L’État français, détenteur du monopole, utilisait ces scellés pour certifier l’origine, la taxe et l’authenticité des marchandises.
Ils étaient pincés sur les sacs ou caisses de transport. Ces objets discrets racontent le contrôle étatique, la fiscalité et les circuits marchands passés.

 

Plomb de scellé marqué « Pîtres »

Trouvailles à Pîtres et ses environs immédiats - Plomb de scellé marqué « Pîtres »

Ce plomb de scellé est encore plus rare car il est marqué du nom de « Pîtres ». Cela suggère que Pîtres possédait ou contrôlait un point de transit commercial (douane, pesée, dépôt).

Ce type de scellé peut indiquer un atelier local, un poste de contrôle ou un commerce spécifique, probablement actif au XVIIIe ou XIXe siècle.
Un témoignage exceptionnel de l’activité économique locale et de l’intégration de Pîtres dans les circuits commerciaux nationaux.

 

Fibule mérovingienne

Trouvailles à Pîtres et ses environs immédiats - Fibule mérovingienne

Cette fibule est une broche métallique datée de l’époque mérovingienne (Ve–VIIIe siècle), servant à attacher les vêtements. Elle est décorative mais aussi identitaire : les styles (forme, décor, métal) variaient selon le sexe, la fonction sociale et l’origine. Son mode de fabrication (fonte ou estampage) révèle un artisanat soigné. Sa découverte à Pîtres témoigne d’une présence ou passage mérovingien, période de transition entre Antiquité et Moyen Âge.

 

Double denier tournois – Louis XIII

Trouvailles à Pîtres et ses environs immédiats - Double denier tournois – Louis XIII

Cette petite monnaie de cuivre, frappée sous Louis XIII (règne : 1610–1643), valait 2 deniers, soit une très faible somme.

Elle permettait d’acheter une bougie, un œuf ou un morceau de pain.

Fabriquées à Tours, les « deniers tournois » sont reconnaissables par leur style rustique.
Ces pièces circulaient largement dans les campagnes et villages comme Pîtres, servant aux petits échanges du quotidien.

  

Balles de mousquet en plomb

Trouvailles à Pîtres et ses environs immédiats - Balles de mousquet en plomb

Ces balles sphériques en plomb, d’un calibre assez large, étaient utilisées dans des mousquets à poudre noire, entre les XVIIe et XIXe siècles. Tirées à courte distance, elles étaient redoutables et faisaient partie de l’armement militaire ou de chasse.

Leur présence à Pîtres évoque peut-être des entraînements, des conflits, ou la chasse rurale.

Chaque balle retrouvée est un écho muet des tensions ou activités militaires passées.


Double denier tournois – Louis Ier

Trouvailles à Pîtres et ses environs immédiats - Double denier tournois – Louis Ier

Datée du XIVe siècle, cette monnaie frappée sous Louis Ier d’Anjou ou de Navarre (selon l’attribution), valait également 2 deniers.

À cette époque, les monnaies sont encore en métal pauvre, mais portent les signes du pouvoir féodal ou royal.

Cette pièce fragile, usée, reflète une économie en mutation, où la monnaie coexiste encore avec le troc.

 

Monnaie en billon – Henri Ier

Trouvailles à Pîtres et ses environs immédiats - Monnaie en billon – Henri Ier

Cette monnaie en billon (alliage d’argent et cuivre) a été frappée sous Henri Ier (roi de France de 1031 à 1060).

C’est une pièce médiévale rare, souvent mal conservée, mais à forte valeur historique.
Sa valeur symbolique dépassait sa valeur marchande : elle affirmait le pouvoir royal dans un royaume encore féodal et morcelé.

Trouvée à Pîtres, elle atteste de la précocité de la présence royale ou du commerce monétarisé dans la région.

 

Jeton des fidèles de Louis XIV

Trouvailles à Pîtres et ses environs immédiats - Jeton des fidèles de Louis XIV

Ce jeton en métal était frappé à l’effigie ou au nom de Louis XIV, souvent pour récompenser ou identifier les fidèles du roi : partisans, officiers ou membres d’institutions royales.

Ces jetons n’étaient pas des monnaies mais servaient à marquer l’appartenance, la loyauté ou la fonction. Ils pouvaient aussi servir de marque d’honneur, parfois distribuée lors de cérémonies ou campagnes politiques.

Le retrouver à Pîtres suggère soit une présence administrative royale, soit un objet perdu par un serviteur du pouvoir monarchique.

Il témoigne de l’emprise symbolique du roi-soleil jusque dans les campagnes normandes.

 

Pièce de 25 centimes de franc Lindauer – 1920

Trouvailles à Pîtres et ses environs immédiats - Pièce de 25 centimes de franc Lindauer – 1920

Cette petite pièce en cupronickel ajouré, frappée en 1920, est un symbole de la reconstruction d’après-guerre. Créée par Oscar Roty*, elle porte un trou central pour faciliter le port en ficelle ou corde, dans un contexte de pauvreté généralisée.

25 centimes représentaient une petite dépense : un pain, un journal, une course locale. Circulant jusqu’aux années 1930, cette pièce marque l'entrée dans une monnaie moderne, républicaine, égalitaire, sans roi ni empereur.

Sa présence à Pîtres évoque le quotidien modeste de l’entre-deux-guerres.

Trouvailles à Pîtres et ses environs immédiats

*Sculpteur et médailleur, il est surtout connu par sa célèbre semeuse aux pieds nus et bonnet phrygien que l’on a trouvée tout au long du XXème siècle sur pièces de monnaie et timbres-poste

 

Grelot complet en métal – Cloche ou attelage

Trouvailles à Pîtres et ses environs immédiats - Grelot complet en métal – Cloche ou attelage

Ce grelot en métal, parfaitement conservé, était sans doute fixé à une cloche, un collier de cheval ou un harnais.

Utilisé dès l’époque médiévale jusqu’au XIXe siècle, le grelot servait à prévenir de la présence d’un animal ou d’un attelage, mais aussi à rythmer la marche. Les sons émis avaient parfois un rôle protecteur ou symbolique, notamment en milieu rural.

Sa découverte à Pîtres rappelle l’importance du transport animal et de la ruralité dans le tissu économique ancien.

 

Blason en cuivre doré – Fleur de lys et attaches

Trouvailles à Pîtres et ses environs immédiats - Blason en cuivre doré – Fleur de lys et attaches

Ce blason en cuivre, couvert d’une fine dorure et orné d’une fleur de lys, est un symbole de l’ancien régime royal.

Les deux attaches à l’arrière suggèrent qu’il était fixé sur un vêtement, un uniforme ou une pièce de cérémonie, peut-être militaire ou religieuse.

La fleur de lys, emblème de la monarchie française, indique une fonction officielle ou une appartenance noble.

Cet objet remarquable révèle la présence de symboles monarchiques forts à Pîtres, peut-être portés par un officier, un dignitaire ou un partisan du roi.

 

Grand plomb décoré – Fleur de lys au centre

Trouvailles à Pîtres et ses environs immédiats - Grand plomb décoré – Fleur de lys au centre

Ce plomb massif, de près de 5 cm de diamètre, présente en relief une fleur de lys centrale.

Il s’agit probablement d’un sceau de plomb, utilisé pour fermer, certifier ou sceller un colis, une missive ou un registre au nom du roi ou d’une administration d’ancien régime.

Le plomb, lourd et malléable, garantissait que le contenu n’avait pas été falsifié. La présence de la fleur de lys, emblème royal, renforce l’hypothèse d’un document ou chargement officiel.

Ce type de plomb est très rare, et témoigne d’un passage administratif ou logistique de haut niveau à Pîtres – peut-être lié à la Seine, axe majeur de circulation.

  

Monnaie républicaine (1792-1799)

Trouvailles à Pîtres et ses environs immédiats - Monnaie républicaine (1792-1799)
Trouvailles à Pîtres et ses environs immédiats - Monnaie républicaine (1792-1799)

Ces pièces de un décime, cinq centimes et un centime, datées des premières années du calendrier révolutionnaire, montrent la figure de Marianne et sont les premières à porter l’intitulé « République Française ». Pendant une courte période, elles ont été frappées en concurrence avec des louis, des manufactures royales ayant continué à utiliser l’effigie du roi jusqu’à sa décapitation le 21 janvier 1793.


Sources

Des heures de marche, beaucoup de kilomètres (à pied) et d'autres heures de recherches sur l'internet pour identification

 

Jassim Abdelaziz

 

 

1 juillet 2017

Les Gaulois, des barbares ?

Casque Gaulois d'Amfreville

Le Casque Gaulois d’Amfreville
ou pourquoi « nos ancêtres les Gaulois » n’étaient ni rustres ni barbares !


Au XIXème, la IIIe République à la recherche de héros nationaux et laïques élabore une mythologie gauloise. Nos ancêtres sont courageux et forts, gros mangeurs et gros buveurs, donc un peu rustres. Les manuels d’école primaire de cette époque et en particulier « Le tour de France de 2 enfants » inscrivent ce mythe dans l’imaginaire populaire.
Durant l’Ancien Régime, la noblesse disait descendre des Francs issus eux-mêmes de Troie et les paysans, eux, étaient les descendants des Gaulois.
A l’époque de Jules César, les Gaulois étaient considérés comme les ennemis héréditaires des Romains et on justifie parfois la conquête romaine de la Gaule par la nécessité d’apporter la civilisation à ces barbares...
Cette longue histoire a forgé une conception des Gaulois, démentie maintenant par les travaux des archéologues de ces trente dernières années

Et le casque…

C’est un des objets emblématiques de la présence des Celtes, ou Gaulois, dans notre région. Ce casque, exceptionnel, est découvert fortuitement à Amfreville-sous-les-Monts. En effet à proximité du château de Cantelou, son propriétaire, M. Bizet, découvrit, au printemps 1841, le fameux casque, dans un ancien bras asséché de la Seine dénommé le Radier, au débouché de l’Andelle par 3 à 4 mètres de profondeur.
En 1860, M. Bizet offrit le casque à Napoléon III qui s’intéressait personnellement au passé gaulois de son empire et qui le confia au musée du Louvre puis il fut transféré quelques années plus tard au musée des Antiquités nationales de Saint-Germain-en-Laye. On peut toujours l’y admirer seul dans une vitrine du département gaulois rénové.
Il est en bronze, émail, fer et or ; il mesure 23cm de hauteur, 16,5cm de longueur et 16cm de profondeur.
Sur cette calotte en bronze est fixé le couvre-nuque lui-même en bronze, support à un décor en fer, or et émail.
Casque d’Agris
Casque d’Agris

D’autres casques ont été retrouvés depuis en particulier celui d’Agris en Charente, mieux conservé, qui a gardé ses paragnathides ou protège-joues et est entièrement recouvert d’or.
Que faisait notre casque à cet endroit ? Il a été retrouvé avec une épée mais rien n’indique qu’il s’agissait d’une tombe. C’est un casque d’apparat, porté en triomphe ou peut-être pour se présenter au peuple. Il était porté au dessus d’une calotte en cuir pour protéger des aspérités du métal. Il pourrait aussi s’agir d’offrandes. D’ailleurs les dimensions de ce casque sont petites par rapport à la taille d’une tête d’homme. Mais peut-être n’a t-il pas été porté !

Imaginaire du casque gaulois
Le casque gaulois du paquet de cigarettes ou d’Astérix est inventé : il n’y avait pas d’ailes sur les côtés !

LES POLEMIQUES ENTRE ARCHEOLOGUES

Pour sa datation comme pour son origine il fait l’objet de polémiques.
De quand date-t-il ? D’où vient-il ? Qui l’a fait ?

Pour Viollet-Le Duc, ce casque qu’il appelle casque antique, n’est pas gaulois « car il est trop délicat pour avoir appartenu à l’époque de l’autonomie gauloise ». Il appartient probablement à un chef des hordes venues d’Orient à la suite d’Attila … oui mais c’est écrit en 1862.
Cependant, la provenance continue à être discutée.
Venceslas Kruta (directeur des études celtes au CNRS) y voit une origine italique car le style du casque caractérisé par l’emploi de motifs végétaux (style de Waldagesheim) correspond à l’époque où les Celtes s’installèrent en Italie du Nord. Il fait une analyse très longue des différents décors, de la disposition en bandes latérales et compare avec d’autres pièces comme des vases, des bijoux où on retrouve des décors semblables, en particulier le casque de Canova du IVe siècle découvert en Italie. Les deux casques n’ont pas été façonnés par le même artiste mais ils sont le fruit d’une même expérience. Pour cet archéologue « les indices ne semblent pas autoriser une recherche en dehors de l’Italie celtique ».
Casque de Canova en Italie
Casque de Canova en Italie. Avec le casque d’Agris et celui d’Amfreville, ce sont les rares casques d’apparat complets 

Cette étude de 1978 date le casque du dernier quart du IVe siècle jusqu’au milieu du IVe siècle.

Pour Alain Duval (ancien conservateur du musée d’Archéologie nationale de Saint Germain en Laye), il s’agit d’un « faux » casque en fer, ou encore d’un casque en bronze qui a servi de support à un décor en fer, bronze et émail.
Il voit une opposition entre la maladresse dans le mauvais travail d’applique de l’or et la qualité de certains détails : 
- Il est étrange d’avoir utilisé un support en bronze au lieu de travailler directement le fer ce que les Celtes d’Italie savaient très bien faire.
- La calotte est très mal faite, portant des traces de réajustements et de réparations.
- La maladresse est évidente pour l’application de la feuille d’or qui a un aspect » froncé. » (on a du s’y reprendre en plusieurs fois) mais surtout une des feuilles étant trop longue a été repliée à une extrémité pour l’amener à la bonne longueur.
« C’est pourquoi l’aspect composite de l’ensemble fait conclure au travail d’un ou plusieurs artisans locaux. C’est une imitation d’un modèle italo-celtique avec des emprunts à des décors armoricains d’époques diverses comme c’était fréquemment le cas dans les zones périphériques, et la Haute Normandie à cette époque est à la périphérie du monde celtique » (voir carte plus loin). 
Cette hypothèse qui date de 1982–1984, va à l’encontre de celle de V. Kruta. Elle a été faite après la restauration du casque au laboratoire du musée romain-germanique de Mayence et l’étude par radiographies et ces éléments plus récents datent le casque vers 275-225 avant notre ère.
Si V. Kruta a raison, les Celtes d’Italie ont joué un rôle prédominant dans le monde celtique. Par contre s’il s’agit d’une production locale, le ou les artistes qui l’ont réalisée font preuve d’une grande habileté.

Le style de Waldagesheim (du nom d'un bourg allemand de Rhénanie où une tombe de femme livra de riches parures ) ou végétal continu repose sur l’emploi de rinceaux (ornement en forme de branche recourbée) et de palmettes (en forme de palme) associés dans des compositions à système répétitif d’enchaînement continu, faisant alterner motifs statiques et motifs dynamiques. 

LE CASQUE D’AMFREVILLE ET SES DECORS

« Frises sans début et sans fin, mouvement perpétuel dont le dynamisme décèle une tension intérieure qu’exprime une orientation constamment contrariée par une autre qui ramène la ligne vers l’arrière avant qu’une nouvelle impulsion ne la retorde en avant. Cette œuvre... dont le dessin savant mais aux liaisons parfois maladroites est donc en léger relief, est à mi-chemin entre le graphique et le plastique : ce n’est plus le trait, ce n’est pas encore l’arête, c’est la mise en valeur de la tige flexueuse, gonflée et pliée suivant les contraintes de l’esthétique nouvelle... » (Paul-Marie Duval)

Casque Gaulois d'Amfreville
Au sommet : une première zone (A) en fer surmontée à l'origine par un bouton ou une aigrette aujourd'hui disparus. Le métal est ajouré, de façon à permettre l'incrustation d'émaux. Les perles d'émail en amandes et bombées s'ordonnent de façon régulière et concentrique comme des pétales de fleur.

Casque Gaulois d'Amfreville
Une fine ligne godronnée (a) sépare la première zone décorée de la suivante.
Au-dessous (B) le fer forme une étroite bande en « méandre curviligne » incluant des perles d'émail dans les ajours ainsi formés, ces perles ayant la forme de gouttes d'eau. Elles sont, cette fois-ci, planes.

Une moulure aux bords relevés et à la partie médiane ornée de fines stries perpendiculaires (b) marque la séparation avec la zone suivante (C) où se trouve une succession de petites pastilles concaves, munies chacune en leur centre d'un clou de bronze à tête, recouvertes de feuilles d'or et ornées de stries rayonnantes cette fois-ci, planes.

Deux étroites bandes décoratives se situent au dessous : la première (c) porte une suite de peltes (petit bouclier antique) minuscules. La seconde (d) est une ligne de points

Casque Gaulois d'Amfreville
Le décor de petites «cornes» des zones D et F est abondamment employé sur la céramique étrusque et l’orfèvrerie et a connu une vogue remarquable depuis le Ve siècle. En art décoratif, on appelle postes ce motif en formes d'enroulements successifs. Les artistes celtiques lui attribuèrent peut-être une valeur particulière. La forme singulière des « cornes» du casque d’Amfreville serait la tentative de figuration d’une corne animale.

La zone médiane E est une réussite d’une grande originalité et d’un raffinement notable; Elle est constituée de deux bandes d’or jointives (72 mm) échancrées sur les côtés à leur jonction pour permettre l’insertion des parties latérales.
Casque Gaulois d'Amfreville
C’est une suite de triscèles enchaînés qui forme une frise continue. Les paires de triscèles sont reliées par des esses. Un petit cercle termine chaque branche des triscèles et se retrouve aussi au centre de chaque triscèle.
Casque Gaulois d'Amfreville

Le dessin d’un triscèle demande une bonne connaissance des constructions géométriques.
Le triscèle ou triskell est maintenant un symbole celte. Il représente les trois éléments de la nature : la terre l'eau le feu mais d'autres y voient la représentation de la vie : enfant, adulte, vieillard. Les branches doivent tourner de la gauche vers la droite si elles tournent dans l'autre sens, le symbole est maléfique. L’art celte a été remis à l'honneur avec la musique d'Alan Stivell.

Casque Gaulois d'Amfreville
De petits clous de bronze à tête recouverte de feuille d’or maintiennent les extrémités des bandes d’or

Casque Gaulois d'Amfreville
On retrouve ensuite en dessous de la bande médiane la succession de moulures décoratives qui figuraient au–dessus : les cornes sont inversées (F=D), la ligne de points (e=d), la ligne godronnée (f=a) les disques d’émail (G=C) et les stries perpendiculaires (g=b).

Casque Gaulois d'Amfreville
La dernière zone H est traitée comme celle de la partie supérieure.
Casque Gaulois d'Amfreville
Et à nouveau, de minuscules globules recouvrent les clous dont on sent les aspérités à l'intérieur du casque.

Casque Gaulois d'Amfreville

Casque Gaulois d'Amfreville
L’applique latérale a été reconstituée de manière hypothétique mais c’est une conception fréquente dans l’art laténien : une lyre coiffée d’une palmette en enferme une seconde. Des touches d’émail soulignaient les feuilles des palmettes mais peut-être aussi la partie médiane des branches de la lyre.

Casque Gaulois d'Amfreville
Le casque vu de côté
Casque Gaulois d'Amfreville
Le casque vu de l’arrière
Casque Gaulois d'Amfreville

Casque Gaulois d'Amfreville
Le couvre-nuque, en bronze, est une pièce indépendante, riveté à la calotte. Une résille de fer isole deux séries de grandes esses emboîtées de part et d’autre de l’axe central. Ces esses sont remplies d’émail en relief. Dans les espaces, le fer concave a reçu un très fin décor composé de petits rinceaux en relief.

Voici une restitution du casque d'Amfreville,  tel qu'il devait être sous son aspect originel. Cette réalisation  utilise un logiciel de construction graphique, et a été faite par  Jean-René Chatillon.
Voici une restitution du casque d'Amfreville, tel qu'il devait être sous son aspect originel. Cette réalisation utilise un logiciel de construction graphique, et a été faite par Jean-René Chatillon.

L’OR DES GAULOIS

La plupart des spécialistes s'accordent pour reconnaître que le travail de l'or constitue l'une des facettes les plus remarquables du génie celtique.
L'or des Gaulois fait galoper les imaginations depuis l'Antiquité. Les auteurs grecs et romains mentionnent avec une stupeur mêlée d'envie la richesse en or de la Gaule, César est même accusé d'avoir détruit les villes gauloises dans le seul but de s'en emparer.
Chercheurs d’or gaulois
Chercheurs d’or

L'or celtique est passé du mythe à la réalité. Les plus récentes recherches prouvent que nos "ancêtres" étaient des prospecteurs et des mineurs exceptionnels. Les Gaulois ont traqué l'or durant plusieurs siècles dans les rivières, sur les flancs des montagnes et même dans les entrailles de la terre. Plus par habitude que par certitude, on disait que les Gaulois n'avaient pu exploiter que superficiellement les gisements ou même qu'ils le récoltaient au prix de peu d'efforts par orpaillage.
"En Gaule, on n'extrait point d'argent mais beaucoup d'or et la nature des lieux permet aux habitants de recueillir ce métal sans le travail du mineur. Les fleuves par leur cours et par leurs affluents qui touchent au pied des montagnes entraînent dans leurs alluvions de grandes quantités de métaux précieux (Diodore de Sicile)
Or il n'en est rien. L'activité minière exige un savoir faire en matière d'étais et de pompage allant jusqu'à la conception d'authentiques machines, un système complexe de boisage pour soutenir les parois car les Gaulois étaient aussi habiles charpentiers (ils ont inventé le tonneau). La mine de Fouilloux (Dordogne) descendait jusqu'à 30 m de profondeur. Le minerai était traité au bord de la mine. Concassé, grillé, broyé, lavé, il livrait la poudre d'or, fondue immédiatement en lingots. En Limousin on a identifié 250 mines où auraient été récoltés entre 70 et 170 tonnes d'or en 500 ans sachant qu'il fallait traiter une tonne de minerai pour récupérer environ 20 grammes d'or.

L’OR DU CASQUE

Des échantillons d'or prélevés sur divers éléments du casque ont été analysés. L'or est assez pur et contient 4 à 6% d'argent et 0,6% de cuivre. Grâce à une série d'examens au microscope électronique à balayage, on peut reconnaître les signes du travail sur la feuille d'or : battage, lissage, application.
L'épaisseur des feuilles d'or est irrégulière de 3 à 4/100emm environ et cette épaisseur est importante pour un placage car les placages d'or sur bronze sont généralement plus minces. L'épaisseur de la feuille peut avoir plusieurs raisons : le désir de donner une plus grande valeur à la pièce, une certaine impéritie dans la technique du placage, une trop faible résistance de l'or, peut-être les trois à la fois.
La feuille d’or est obtenue par frappe verticale ou primitive. Cela consiste à frapper verticalement le lingot à intervalles réguliers, puis on frappe à nouveau les bosses et on termine en lissant la surface.
La feuille est ensuite appliquée sur une feuille de bronze primitivement décorée et le décor apparaît sur l’or par frottis. La feuille d’or est ensuite collée car elle ne pourrait tenir sur le casque seulement avec les clous de bordure des bandes.

Réaliser des dessins géométriques de cette précision, exploiter des gisements miniers profonds et travailler l’or avec cette finesse n’est évidemment pas le fait de rustres ou de barbares !


Liliane Ebro



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CELTES ET GAULOIS

Les Gaulois sont-ils des Celtes ou les Celtes des Gaulois ?
La question est complexe parce que le sens de celte et de celtique a évolué au cours des siècles et même encore de nos jours suivant les conclusions des recherches archéologiques ou linguistiques.
Les Celtes sont un groupe de peuples parlant une langue indo-européenne. Ce sont les premiers habitants historiquement connus de la Gaule. Partis probablement de l’Europe centrale, ils réalisent une série d’infiltrations limitées au cours du Ier millénaire avant notre ère.
Les Romains appelaient ces peuples « galli », mot qui veut dire coq en latin. Ceux que César appelle « les Celtes » (Gaulois établis entre la Garonne et la Seine) sont en place vers 500 av JC, les « Belges » (Gaulois entre Seine et Rhin) s’installent entre 250 et 150 av JC.
Le territoire occupé par les peuples de civilisation celtique en Europe vers 350 avant notre ère.
Le territoire occupé par les peuples de civilisation celtique en Europe vers 350 avant notre ère.

Ces envahisseurs sont une minorité par rapport aux populations plus anciennement fixées. Ils leur apportent leur langue, le gaulois et des éléments de civilisations avant de se fondre au milieu d’elles. C’est le peuple résultant de ce mélange qui mérite le nom de « Gaulois ». L’apport celtique est plus important dans les régions les plus proches du Rhin.
Les Gaulois partagent avec les peuples de l’Europe centrale les civilisations d’Hallstat et de la Tène. Ils restent longtemps instables, d’abord éleveurs et de plus en plus agriculteurs grâce à la richesse du sol et la facilité des échanges. L’apport de l’Orient hellénique (de la Grèce) doit avoir été décisif, des Grecs venus d’Asie Mineure au VIème siècle av. JC fondent Marseille et des villes voisines aussitôt convoitées par les Gaulois et les Ligures.
On découvre une autre influence notable en Champagne et Bourgogne d’un autre courant de civilisation venu des bouches du Pô et du Bas-Danube. Ces influences s’entrecroisent, les rares inscriptions qui proviennent de la Gaule indépendante (premier siècle av. JC ) sont rédigées en caractères grecs.
On constate une anarchie inhérente à l’état de civilisation des Gaulois. Les Gaulois au Ier siècle av. JC seront pris entre le péril germanique et le péril romain. L’habileté de César sera de les amener à accepter le moindre de ces deux maux. Ce sont les commentaires de César qui fournissent l’essentiel de nos connaissances sur les Gaulois du Ier siècle av JC. Ils ont perdu l’instinct migrateur des Celtes et semblent d’excellents agriculteurs. L’organisation politique reste leur point faible. Ils restent divisés en quatre-vingt dix peuples, les plus petits souvent sujets des plus grands. Il existe cependant un sentiment national gaulois qui doit beaucoup à l’organisation commune à toute la Gaule. Tout se transmettait oralement et nous ignorons presque totalement la religion gauloise. César combattit durement les druides.
On attend beaucoup des découvertes archéologiques pour nous révéler de nombreux mystères sur les Gaulois. La Gaule reste à redécouvrir avec un regard neuf.

L’âge du fer
Il commence vers le Xème siècle avant JC. et correspond globalement aux manifestations liées aux peuples celtes. Il a été subdivisé en deux périodes, nommées d'après des sites éponymes :
- Hallstat (en Autriche) ou Premier âge du fer, de –800 à –400
- La Tène (au bord du lac de Neufchâtel en Suisse) ou Second âge du fer de –400 à la conquête de la Gaule en -58.

A l’époque de la conquête romaine, la Celtique c'est-à-dire le territoire occupé par les Celtes correspond à la zone jaune de la carte ci-dessous. Deux autres confédérations s’étaient formées : les Belges et les Aquitains; Ces trois confédérations forment l’ensemble de ceux qu’on appelle les Gaulois. La Gaule transalpine était déjà devenue une province romaine.
La répartition des principaux peuples gaulois sur le territoire des Gaules vers 60 avant notre ère.
La répartition des principaux peuples gaulois sur le territoire des Gaules vers 60 avant notre ère.

Mais en limitant les Celtes à cette partie de la Gaule, on ne tient pas compte de la réalité de la civilisation « celtique » qui s’étendait sur une grande partie de l’Europe (voir page précédente). Beaucoup d’archéologues pensent que la civilisation celtique s’est épanouie à partir de 800 environ avant notre ère jusqu’à la conquête romaine (d’autres la font remonter à une époque antérieure). Cette époque est appelée âge du fer parce qu’elle correspond au développement du travail du fer en Europe. Mais c’est surtout au second âge du fer que la civilisation celtique est remarquable ; quelque chose de complètement neuf a été créé par quelques rares personnalités isolées, par des artisans d’art géniaux, sous l’effet d’impulsions grecques. Ce mouvement aurait son berceau en Champagne ou vers le Rhône moyen et cette celtisation a eu lieu de manière graduelle grâce à des échanges économiques et culturels et par des infiltrations de population de faible ampleur.

Pour répondre à la question posée au début du chapitre, tout le monde a donc un peu raison !

Bibliographie:

Paul-Marie Duval Les Celtes dans l’Univers des formes
Jean-Louis Brunaux Nos ancêtres les Gaulois
Venceslas Kruta Le Casque d’Amfreville et quelques problèmes de l’art celtique du IVe siècle à notre ére
Gérard Nicolini et Bernard Bouchet Les feuilles d’or de placage des casques celtiques d’Amfreville et d’Agris
A. Duval et J. Gomez de Soto : Quelques considérations sur les casques celtiques d’Amfreville et d’Agris
Et les photographies et commentaires de la bibliothèque du musée de l’archéologie nationale de Saint Germain en Laye



Nicole de Cournon



Liste des mots gaulois passés dans la langue française
alise
branche
javelle
alose
brigand
javelot
alouette
briser
lance
ambassade
broc
lande
amélanche
brochet
lauze / losange
ardoise
bruyère
lie
arpent
budget
lieue
aurochs
cagoule
limande
auvent
caillou
loche
bac / bassin
cervoise
lotte
bâche
chai
marne
bagnole
chamois
mouton
balai
chant / canton
noue
bannette
char
palefroi
barde
charpente
quai
barge
chemin
raie / rayer
barque
chemise
roche / rocher
barre
chêne
ruche
benne
chétif
saie / sayon
berceau
cheval
sapin
béret
claie / clayette
slogan
berle
daim
soc
bille / billot
drouille
souche
bitume
dru / drue
suie
blaireau
renfrogner
talus
boisseau
gaillard
tanner
bonde
garenne
tanche
borne
garrot
tarière
bouc
glaise
tonne / tonneau
bouche
gobelet
truand
boue
gober
truie
bouge
gosier
truite
bougette
gouge
vandoise
bouleau
grève
vanne / vannier
bourbe
jachère
vanneau
braguette
jaillir
vassal / valet
braies
jante
vautre
brais / brasser
jarret
vouge


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A vos compas : construction d'un TRISKELL

Matériel nécessaire : feuille de papier, crayon, gomme, règle graduée, équerre, compas

construction d'un TRISKELL
Figure 1
Figure 1
01. Construire un triangle équilatéral ABC de côté 8 cm
02. Placer les points I ; J ; K milieux respectifs des côtés [AB] ; [BC] ; [CA]
03. Tracer les trois médianes de ce triangle
04. Sur le côté [AB] placer les points S0 et S1 tels que S0I = IS1 = 0,5 cm
05. Tracer la perpendiculaire à la droite (AJ) passant par A
06. Tracer le carré AFGH de côté 0,5 cm
07. Par prolongation des côtés du carré AFGH
on obtient 4 zones de plan qui seront nommées Sud ; Nord ; Est ; Ouest


construction d'un TRISKELL
Figure 2
Figure 2
08. Dans la zone Nord
a) Tracer l'arc de cercle de centre A passant par S0. Cet arc coupe la droite (AF) en S2
b) Tracer l'arc de cercle de centre A passant par S1. Cet arc coupe la droite (AF) en S3
(on ne gardera que la partie extérieure au triangle ABC)

09. Dans la zone Ouest
a) Tracer l'arc de cercle de centre F passant par S2. Cet arc coupe la droite (FG) en S4
b) Tracer l'arc de cercle de centre F passant par S3. Cet arc coupe la droite (FG) en S5
10. Dans la zone Sud
a) Tracer l'arc de cercle de centre G passant par S4. Cet arc coupe la droite (GH) en S6
b) Tracer l'arc de cercle de centre G passant par S5. Cet arc coupe la droite (GH) en S7
11. Dans la zone Est
a) Tracer l'arc de cercle de centre H passant par S6. Cet arc coupe la droite (HJ) en S8
b) Tracer l'arc de cercle de centre H passant par S7. Cet arc coupe la droite (HJ)

construction d'un TRISKELL
Figure 3
Figure 3
12. Dans la zone Nord
a) Tracer l'arc de cercle de centre A passant par S8. Cet arc coupe la droite (AF) en S10
b) Tracer l'arc de cercle de centre A passant par S9. Cet arc coupe la droite (AF) en S11
13. Dans la zone Ouest
a) Tracer l'arc de cercle de centre F passant par S10. Cet arc coupe la droite (FG) en S12
b) Tracer l'arc de cercle de centre F passant par S11. Cet arc coupe la droite (FG) en S13
14. Dans la zone Sud
Tracer l'arc de cercle de centre G passant par S13. Cet arc coupe la droite (GH) en S15
15. Dans la zone Est puis Nord
Tracer l'arc de cercle de centre H passant par S15.. Cet arc recoupe l'arc de cercle S10S12 en S16
16. On obtient ainsi la première spirale 

construction d'un TRISKELL
Figure 4
Figure 4
17. Il faut reproduire maintenant les deux autres spirales avec la même méthode. Pour cela, tourner le triangle équilatéral ABC et recommencer le travail à partir du sommet B. Faire attention à la position du carré par rapport à la médiane [BK] puis enfin recommencer le travail à partir du sommet C.
18. Pour terminer inscrire le triskell dans un cercle ou un double cercle et colorier.

construction d'un TRISKELL
Notes :
01. Triangle équilatéral : triangle qui a ses trois côtés de même longueur, sa construction se fait avec le compas.
03. Médiane : segment qui a pour extrémités un sommet et le milieu du côté opposé
06. Perpendiculaire : droite qui fait un angle droit avec une autre droite 

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PETIT JEU

Testez vos connaissances sur les Gaulois


VRAI
FAUX
1- Notre pays s'appelait la Gaule


2- Les Gaulois étaient nos ancêtres


3- Ils avaient peur que le ciel leur tombe sur la tête


4- C'étaient d'habiles forgerons


5- Ils combattaient nus


6- Ils étaient blonds


7- Le pays était recouvert de forêts


8- Ils mangeaient des sangliers


9- Ils buvaient de la cervoise


10- Ils ignoraient l'écriture


11- Ils avaient érigé des menhirs et des dolmens


12- Les Gaulois étaient des Celtes


13- Ils vivaient dans des huttes


14- C'est aux Gaulois que l'on doit le coq comme emblème




REPONSES

1- On voit sur la carte de la page Celtes et Gaulois que la Gaule Celtique s’étendait plus à l’est, qu’au nord était la Belgique et au sud l’Aquitaine ; la Gaule ne correspondait pas tout à fait à la France actuelle
2- Vrai, les Gaulois sont nos ancêtres mais ils descendaient eux-mêmes des agriculteurs du Néolithique et des chasseurs cueilleurs du Paléolithique mais d’autres sont venus après eux
3- C’est un fait historique avéré : Un général d’Alexandre le Grand rapporte une entrevue entre le roi et des Gaulois venus en ambassade. Le roi fier de ses conquêtes demandent aux Gaulois s’ils le redoutaient. Ils lui auraient répondu qu’ils craignaient seulement que le ciel ne leur tombe sur la tête
4- VRAI, il suffit de lire les pages précédentes
5- VRAI– Une telle audace terrorisait leurs adversaires
6- VRAI Ils se décoloraient les cheveux
7- FAUX Le paysage n’était pas très différent de maintenant, les forêts avaient été remplacées par des champs
8- FAUX Leur nourriture était composée de porcs, de moutons et de volailles. Ils chassaient peu
9- VRAI Mais ils aimaient aussi beaucoup le vin importé d’Italie et qui coûtait très cher
10- FAUX Mais les druides voulaient que les transmissions des faits historiques se fassent de manière orale
11- FAUX Les menhirs et les dolmens datent du Néolithique donc plusieurs millénaires auparavant.
12- VRAI et FAUX voir page Celtes et Gaulois
13- NON– Les maisons sont de terre et de bois, recouvertes de chaume presque jusqu’au sol
14- VRAI - En latin « coq » se dit gallus et les Romains ont désigné ces Gaulois vantards par le mot Galli.