Historique
L'actuelle entreprise Gazfio de Romilly est implantée sur un site qui date au moins du 18ème siècle. L'Andelle, rivière à fort dénivelé, montrait alors une succession de vannages permettant d'obtenir, pour l'époque, une énorme quantité d'énergie par installation de roues hydrauliques.
![]() |
| L'usine des ponts au 19ème siècle |
![]() |
| La charpente novatrice de la halle de 1837 |
![]() |
| Roue Poncelet, à aubes courbes, trois fois plus efficace |
Nicolas
Après la fermeture des Fonderies l'usine
est rachetée en 1896 et exploitée comme fonderie et forge pour la production de
petits objets métalliques par Auguste Nicolas, vraisemblablement apparenté à
Lucien Nicolas, fondateur en 1912 d'une usine de boucles en métal à Pont-Saint-Pierre
(par la suite Turquais, voir notre article dans ce numéro).
La maison Briffault de Paris
![]() |
| L'usine Briffault, rue Parmentier à Paris |
Après la Première Guerre mondiale, en 1925, la société Briffault, qui rachète le site, est déjà une vieille "maison", créée en 1899 à Paris et qui s'est spécialisée dans la fabrication de robinetterie en laiton et acier pour les appareils ménagers, avant de devenir un fabricant international de fourneaux réputé, qui fournit les hôpitaux, les hôtels les plus prestigieux, et même la cour de Russie.
![]() |
| Palais à Saint-Pétersbourg |
![]() |
| La cuisinière de Monet à Giverny |
La publicité de Briffault
Le marché des cuisinières, dans la
première moitié du 20ème siècle, pourrait être vu comme aussi important que
celui des automobiles après la guerre. Briffault investit dans la publicité,
avec des dessinateurs connus à l'époque. Quelques exemples...
![]() |
| Léon Bonnotte, vers 1920, publicité classique... |
![]() |
| ...ou avec un peu d'humour (Rouffé) |
Arrivée à Romilly
Le succès des fourneaux conduit la maison Briffault à ouvrir en 1909 une usine dans l’Aisne, à Effry, qui assure les opérations de tôlerie, d’émaillerie et de fonderie et de fabrication des cuisinières domestiques. En 1925, c'est l'arrivée à l'usine des ponts à Romilly. Tous les anciens ateliers, à l’exception de la grande halle construite en 1837, sont alors détruits et remplacés par des ateliers couverts en shed. Enfin entre 1958 et 1963, elle double sa surface : des bâtiments de style moderne ou en shed servant de réfectoire, de réserve et d’ateliers de fabrication (décolletage, outillage, presses, usinage…) sont édifiés de l’autre côté du chemin du moulin des Ponts.
![]() |
La
structure des ateliers en shed pour laisser entrer la lumière, technique
importée d'Angleterre |
Le gaz
L’usine de Romilly est d'abord dédiée à la fabrication d’accessoires pour
appareils à charbon (robinets de bains marie, boutons, supports de barre). Dès
1932, elle produit des robinets pour réchauds à gaz butane avec une
cinquantaine d’ouvriers. La fabrication artisanale des brûleurs et des robinets
se perfectionne sous l’impulsion des pionniers des compagnies butanières
(Primagaz, Liotard). A partir de 1933, les fourneaux "tout gaz" font leur apparition. A la
fin des années 40, les brûleurs sont définis à l’avance et longuement essayés.
Le rendement dépasse celui du charbon.
![]() |
| Sortie d'usine dans les années 1960 |
Sources
- inventaire du patrimoine normand
(pages d'Emmanuelle Real sur la vallée de l'Andelle
- documents transmis par Karine
Larose que nous remercions de son travail sur la maison Briffault
Michel BienvenuPhilippe Levacher
Anecdote
Lors du tournage de "Tous ceux
qui tombent", adaptation française en téléfilm de la pièce de Samuel
Beckett par l'ORTF en 1962, l’hélicoptère utilisé pour le tournage venait se
poser sur le parking de l’usine et plusieurs personnes ont eu le privilège de faire
un tour… Jouée par Alice Sapritch, une
vieille femme presque impotente va à la rencontre de son époux aveugle, joué
par Guy Tréjan, lequel doit arriver en train à l'ancienne gare de Romilly.
C'est l'occasion de voir beaucoup de vues aériennes de ce quartier de Romilly.
















