TURQUAIS boucles, rivets, agrafes, etc.
Boucles des Ardennes
En 1840, la maison Thiriet est spécialisée dans la
formation de boucles en tous genres destinées à l’agriculture et à l’armée :
harnachement des chevaux, courroies, sacoches, etc. On ne se rend pas compte
aujourd'hui de l'importance que pouvait avoir ce genre de produits lorsque l'on
ne connaissait pas les matières plastiques.
En 1931, Henri
Turquais se porte acquéreur de la société Lucien Nicolas à Pont-Saint-Pierre
située sur le site des moulins de l’Ermitage et devient à la veille de la
guerre la première société au monde dans son domaine d’activité, mais
l’histoire se répète, les destructions de 1939-45 sont nombreuses et
l’entreprise ne retrouvera plus les
chiffres d’avant-guerre du fait de la concurrence.
Jusque dans les années 1980, L’ensemble comprend Turquais Industrie International et Turquais Bouclerie, la première employant une cinquantaine de personnes se consacre, à la production d’accessoires métalliques destinés aux équipementiers, tandis que la seconde, avec une quinzaine de personnes, reste fidèle à sa vocation initiale à Raucourt.
Le site du moulin du Barbeau
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| Plan des Ponts et Chaussées de 1846. L'église, qui n'a encore qu'une abside, permet de se repérer |
L'Ermitage, Nicolas
En 1796 Georges Bouelle construit le moulin à blé de
l’Ermitage alimenté par un fossé de coutume, à l’ouest de la commune, vers
Romilly. Son gendre, J-A Lancelevée, rachète le moulin en 1819 et construit sur
la rive opposée une filature, qui par rachats successifs, devenue scierie,
arrive en 1912 entre les mains des Ets Lucien
Nicolas, fondés en 1910 à Raucourt, qui font construire à son emplacement
une usine de métallurgie spécialisée dans la fabrication de boucles et de
chaines. Toutes les étapes de transformation des métaux sont réalisées sur
place : découpage, tréfilage, polissage, recuit, décapage. Deux logements
de contremaitres sont édifiés en face de l’usine.
Par ailleurs, Lucien Nicolas sera maire de Douville de 1919
à 1944.
Deux sites de production
L’usine principale de l’Ermitage s'étend sur 8 ha dont 5000
m2 couverts. Elle dispose d’un puissant outillage composé de 200
machines spéciales et possède également des ateliers d’étamage, de polissage,
de vernissage, de nickelage, d’argenture… Leur principale production consiste
en boucles, anneaux et agrafes pour la sellerie, la carrosserie, la
bourrellerie, l’automobile, la confection, la mercerie…Ces deux usines
produisent plus de 500.000 pièces de différentes formes par jour, sous plus de
1800 références, vendues en France comme à l’étranger .
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| Le polissage se fait par barattage dans des cuves |
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| L'estampage. A remarquer : l'abondance de poulies et courroies, et les rouleaux de fil à mettre en oeuvre |
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| Pliage et cambrure. Toute l'énergie est hydraulique. |
Turquais, reconstruction complète
En 1931 Henri Turquais rachète à
Lucien Nicolas l’usine
de l’Ermitage pour y poursuivre la production d’articles métalliques à partir
de fil de métal provenant de deux tréfileries de Commercy en Lorraine. Le site
du moulin Barbeau est abandonné en 1950, puis la vétusté des bâtiments de
l'Ermitage et la diversification de l’activité nécessite en 1969-1970 la
reconstruction complète de l’usine et l’ajout d’un atelier équipé d’une presse
à découper et plier de 30 t et d’un balancier à friction de 100 t.
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| L'usine Nicolas à l'Ermitage |
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| L'usine de l'Ermitage |
En 1974, le groupe traverse une période difficile et la maison mère de Raucourt veut se débarrasser de sa filiale de Pont-Saint-Pierre. Des incitations au départ ou au reclassement à Raucourt sont proposées. Malgré le soutien de la Région, du Département, de la Chambre de Commerce et de la municipalité, le site de l’Ermitage cesse son activité vers 1987.
Boulangeot
Mais l’histoire du site de l’Ermitage ne s’arrête
heureusement pas là : l’entreprise est relancée par un artisan de la région,
Jean-Pierre Boulangeot, fils de menuisier, spécialisé dans le châssis
triangulaire et l’œil de bœuf, à la fin des années 1970. Puis, à la tête de la
menuiserie familiale, Pierre-Yves, la troisième génération, développe les
ouvertures cintrées en bois ou aluminium, en ayant son siège à
Pont-Saint-Pierre, un bureau à Lille et le site de production à Rédéné dans le
Finistère. L’ensemble compte aujourd’hui environ 70 salariés dont 22 à
Pont-Saint-Pierre.
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| Différents produits de l'entreprise, parfois très élaborés. |
Sources
- site patrimoine normand
(Emmanuelle Real, photos Christophe Kollmann)
- archives Turquais











