4 janvier 2026

Trouvailles à Pîtres et ses environs immédiats

Trouvailles à Pîtres et ses environs immédiats - Sesterce de Lucille (IIe siècle ap. J.-C.)

Trouvailles à Pîtres et ses environs immédiats

Régulièrement, dans les champs, les bois ou les bords de cours d'eau, le passé affleure. Un œil non exercé ne remarquera rien, mais l'amateur, muni ou non d'un détecteur de métaux, verra un pièce de monnaie se dessiner dans la glaise, une boucle, un petit objet surgi du passé, qu'il se contentera de passer à l'eau, brosser légèrement, avant d'opérer des recherches pour l'identifier, finissant ainsi par se doter d'une solide culture historique.

La loi en France, assez tatillonne, permet néanmoins ce genre de loisir, à condition d'avoir l'autorisation du propriétaire des lieux, et bien entendu de ne pas chercher sur un site archéologique.

Longtemps très réticents, certains archéologues changent parfois d'avis, considérant que ce travail d'amateur peut néanmoins se révéler utile.

Les exemples que nous a montrés un jeune amateur nous ont quant à nous convaincus qu'exercée dans les règles, cette activité n'avait rien de dommageable, et se révélait même fort intéressante pour la connaissance de notre passé.

La rédaction


Monnaies de Napoléon III 

Trouvailles à Pîtres et ses environs immédiats - Monnaies de Napoléon III
Trouvailles à Pîtres et ses environs immédiats - Monnaies de Napoléon III

Ces trois monnaies de Napoléon III, de 5 et 10 centimes, faisaient partie des pièces courantes en circulation au milieu du XIXe siècle. Fabriquées majoritairement en cuivre, elles prennent avec le temps une teinte verdâtre due à l’oxydation au contact de l’air et de l’humidité.

À l’époque, ces pièces avaient une valeur réelle dans la vie quotidienne :

  • 2 centimes représentaient l’équivalent de quelques minutes de travail ou de produits de base comme un petit morceau de pain.
  • 5 centimes pouvaient payer un œuf ou une portion de lait.
  • 10 centimes équivalaient à un quart d’heure de salaire pour un ouvrier.

Ces monnaies témoignent de la vie économique du Second Empire, époque où Romilly, traversée par l’Andelle, connaissait un développement industriel important avec entre autres les fonderies de cuivre.

 

Demi-franc de Napoléon

Trouvailles à Pîtres et ses environs immédiats - Demi-franc de Napoléon

Cette monnaie en argent, datée de 1809, est un demi-franc frappé sous le règne de Napoléon Bonaparte. Son excellent état suggère qu’elle a été perdue rapidement après sa mise en circulation.

La valeur d’un demi-franc équivalait à plusieurs heures de travail d’un ouvrier ou à un repas complet pour une personne.

Fait remarquable, on peut encore y lire le nom du graveur : Tiolier (Pierre-Joseph Tiolier), ce qui témoigne de la finesse de conservation de cette pièce.

 

Poids monétaires du Moyen Âge

Trouvailles à Pîtres et ses environs immédiats - Poids monétaires du Moyen Âge

Ces deux petits objets discrets sont de véritables outils de contrôle dans le commerce médiéval. Datant vraisemblablement du haut Moyen Âge (Vème à IXème siècle), ils étaient utilisés pour peser les pièces d’or, afin de vérifier leur poids réglementaire et éviter les contrefaçons.

À cette époque, des faussaires pratiquaient en effet les "monnaies fourrées", coulées avec un métal peu coûteux puis plaquées d’or. Les poids permettaient de repérer ces fraudes. Ces poids sont un témoignage discret mais essentiel du fonctionnement économique médiéval, où la confiance dans la monnaie reposait sur la vigilance et la vérification manuelle.

Le fait de trouver ces poids à Pîtres, un lieu stratégique sur la Seine, suggère que le village était autrefois une plaque tournante du commerce fluvial.

 

Sesterce de Lucille (IIe siècle ap. J.-C.)

Trouvailles à Pîtres et ses environs immédiats - Sesterce de Lucille (IIe siècle ap. J.-C.)

Ce sesterce en bronze est frappé à l’effigie de Lucille, fille de l’empereur Marc Aurèle, au IIe siècle de notre ère. Il est remarquable par son diamètre imposant et les détails encore visibles malgré l’érosion du temps.

À l’époque, un sesterce représentait une somme non négligeable :

  • la moitié d’une journée de solde d’un légionnaire romain,
  • l’achat de plusieurs kilos de blé,
  • une modeste ration de vin ou d’huile.

Ces pièces circulaient dans tout l’Empire romain et reflétaient l’image impériale. Le portrait de Lucille, souvent idéalisé, servait autant à la propagande dynastique qu’à la communication visuelle du pouvoir impérial.

Trouver un sesterce localement nous rappelle combien l’influence de Rome s’étendait loin, et combien les échanges ont pu être riches et durables.

 

Hache polie néolithique

Trouvailles à Pîtres et ses environs immédiats - Hache polie néolithique

Cette hache polie néolithique est un véritable vestige de notre lointain passé. Ce type de découverte est rare et se fait généralement en bord de Seine, là où les populations préhistoriques tannaient les peaux, découpaient, fendaient et fabriquaient divers outils. Elle se distingue par sa forme régulière et ses traces blanchâtres caractéristiques du polissage. Ces haches sont le plus souvent en silex, mais on en trouve parfois en granit, voire en jade.

 

Ogives en plomb, guerre de 1870-1871

Trouvailles à Pîtres et ses environs immédiats - Ogives en plomb, guerre de 1870-1871

Pîtres fut marqué par les combats de la guerre franco-prussienne de 1870-1871. De forme conique et alourdies à leur base, ces projectiles étaient tirés avec les fusils à chargement par la culasse (notamment le Chassepot, côté français). Fabriquées en plomb, ces ogives s’aplatissaient à l’impact, causant de graves blessures, une des raisons pour lesquelles cette guerre fut si meurtrière. Leur présence à Pîtres témoigne des combats ou manœuvres qui ont eu lieu dans la région, car la Seine était une ligne stratégique. À l’époque, le prix d’une cartouche était négligeable pour les armées, mais chaque balle transportait un lourd coût humain. Ces vestiges nous rappellent le passage brutal de la modernité dans la guerre, marquée par l’industrie, la précision et l’efficacité létale.

 

Dés à coudre gallo-romains et médiévaux

Trouvailles à Pîtres et ses environs immédiats - Dés à coudre gallo-romains et médiévaux

Ces petits objets en bronze ou en alliage de cuivre sont des dés à coudre, utilisés entre l’époque gallo-romaine et le Moyen Âge.

Le dé à coudre gallo-romain, souvent plus fin et légèrement conique, servait à la couture domestique ou artisanale. Il témoigne de la place centrale du textile dans la vie quotidienne romaine, où chaque foyer cousait, réparait ou confectionnait vêtements et équipements.

Le dé médiéval, plus trapu et parfois décoré de motifs simples, montre la continuité d’un savoir-faire à travers les siècles. Ces objets, souvent perdus et retrouvés isolés, nous parlent d’activités discrètes, féminines ou artisanales, essentielles au quotidien mais rarement mentionnées dans les grands récits de l’Histoire.

Leur usure raconte aussi leur usage intensif : le fil et l’aiguille ont toujours accompagné les mains humaines dans les moments de paix comme de guerre.

 

Trois monnaies gauloises – Aulerques Éburovices

Trouvailles à Pîtres et ses environs immédiats - Trois monnaies gauloises – Aulerques Éburovices

Ces trois monnaies frappées par la tribu des Aulerques Éburovices, peuple gaulois du territoire de l’actuelle Normandie, datent des IIe et Ier siècles avant J.-C. Elles constituent un témoignage rare de l’économie et de l’identité locale avant la conquête romaine.

Parmi ces monnaies :

  • Deux sont en alliage cuivreux (électrum ou bronze), à iconographie stylisée (chevaux, têtes, symboles abstraits),
  • L’une est en argent, sans doute utilisée dans des échanges plus importants ou cérémoniels. À l’époque, ces monnaies avaient une valeur d’usage, mais aussi une valeur symbolique forte : elles affirmaient l’autonomie de la tribu, son réseau d’échanges, et sa capacité à battre monnaie. L’argent, métal précieux, servait à des transactions de haut rang, telles que l’achat de bétail, de terres ou le paiement d’alliés.
  • Leur style artistique très stylisé, loin du réalisme romain, illustre une esthétique celtique forte, à la fois spirituelle et graphique.

Retrouver ces pièces à Pîtres souligne combien ce site, même à l’époque gauloise, était connecté aux grands axes d’échange régionaux.

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Anneaux gallo-romains en bronze

Trouvailles à Pîtres et ses environs immédiats - Anneaux gallo-romains en bronze

Ces anneaux en bronze, typiques de l’époque gallo-romaine, ont pu avoir plusieurs usages : bagues, éléments de parure, anneaux utilitaires (sangles, harnais, vêtements).

Le bronze, facilement moulé, était un métal courant dans la vie quotidienne.
Leur simplicité ou ornementation permet parfois de distinguer leur usage :

  • Les plus ouvragés étaient ornementaux ou symboliques,
  • Les plus simples, fonctionnels, participaient à la vie domestique ou agricole.

Ces objets montrent l’intégration des Gaulois dans la culture matérielle romaine après la conquête, tout en conservant des éléments d’identité propres. Leur présence à Pîtres témoigne d’une occupation dense et active du territoire dès l’Antiquité.

 

Demi-sol de Louis XVI

Trouvailles à Pîtres et ses environs immédiats - Demi-sol de Louis XVI

Ce demi-sol (valant 1/240e d’un louis d’or) date du règne de Louis XVI (1774–1792). C’est une petite pièce de cuivre, utilisée dans les transactions courantes.
Sa valeur à l’époque était modeste : de quoi acheter un peu de pain, une chandelle ou payer un péage rural. Elle témoigne d’une monnaie royale fragilisée à la veille de la Révolution, alors que l’économie souffre d’inflation et que le peuple manque de confiance dans la couronne.

Retrouver cette pièce à Pîtres, c’est retrouver le quotidien des petites gens sous l’Ancien Régime.

 

Décimes de la Révolution française

Trouvailles à Pîtres et ses environs immédiats - Décimes de la Révolution française

Ces pièces de 1 décime ont été frappées pendant la Révolution française, souvent en cuivre ou cuivre rouge.

Le décime valait 10 centimes, et servait à remplacer l’ancienne monnaie royale, dans une volonté de rupture avec l’Ancien Régime.

Portant parfois les mentions « Liberté – Égalité », ces monnaies sont autant politiques que pratiques : elles servaient à acheter des denrées, des journaux, ou à payer de petits services.

Leur circulation à Pîtres montre l’impact national de la Révolution, jusque dans les zones rurales.

 

Boucle de ceinture du Moyen Âge

Trouvailles à Pîtres et ses environs immédiats - Boucle de ceinture du Moyen Âge

Cette boucle en métal, datée du Moyen Âge, était fixée à une ceinture en cuir. Elle pouvait appartenir à un vêtement civil, militaire ou religieux. Sa fabrication manuelle, ses formes parfois décorées, traduisent la fonction autant que le statut.

Ce type d’objet se perdait facilement, ce qui explique qu’on en retrouve en contexte isolé. Elle illustre un quotidien médiéval sobre mais fonctionnel, où les objets utilitaires étaient souvent uniques et durables.

 

Bouton militaire – Poilu du Génie (Première Guerre mondiale)

Trouvailles à Pîtres et ses environs immédiats - Bouton militaire – Poilu du Génie (Première Guerre mondiale)

Ce bouton en laiton ou cuivre porte l’insigne du Génie militaire français, arme spécialisée dans les travaux, fortifications, et transmissions.

Il appartenait à un poilu de la Première Guerre mondiale, probablement en poste ou en manœuvre à proximité de Pîtres. Ces boutons étaient standardisés mais portaient la fierté du régiment. Chaque bouton retrouvé est un fragment d’identité individuelle, perdu au milieu d’un conflit global.

 

Plomb de scellé – Tabac

Trouvailles à Pîtres et ses environs immédiats - Plomb de scellé – Tabac

Ce plomb de scellé servait à marquer un ballot de tabac, produit très réglementé au XVIIIe–XIXe siècle. L’État français, détenteur du monopole, utilisait ces scellés pour certifier l’origine, la taxe et l’authenticité des marchandises.
Ils étaient pincés sur les sacs ou caisses de transport. Ces objets discrets racontent le contrôle étatique, la fiscalité et les circuits marchands passés.

 

Plomb de scellé marqué « Pîtres »

Trouvailles à Pîtres et ses environs immédiats - Plomb de scellé marqué « Pîtres »

Ce plomb de scellé est encore plus rare car il est marqué du nom de « Pîtres ». Cela suggère que Pîtres possédait ou contrôlait un point de transit commercial (douane, pesée, dépôt).

Ce type de scellé peut indiquer un atelier local, un poste de contrôle ou un commerce spécifique, probablement actif au XVIIIe ou XIXe siècle.
Un témoignage exceptionnel de l’activité économique locale et de l’intégration de Pîtres dans les circuits commerciaux nationaux.

 

Fibule mérovingienne

Trouvailles à Pîtres et ses environs immédiats - Fibule mérovingienne

Cette fibule est une broche métallique datée de l’époque mérovingienne (Ve–VIIIe siècle), servant à attacher les vêtements. Elle est décorative mais aussi identitaire : les styles (forme, décor, métal) variaient selon le sexe, la fonction sociale et l’origine. Son mode de fabrication (fonte ou estampage) révèle un artisanat soigné. Sa découverte à Pîtres témoigne d’une présence ou passage mérovingien, période de transition entre Antiquité et Moyen Âge.

 

Double denier tournois – Louis XIII

Trouvailles à Pîtres et ses environs immédiats - Double denier tournois – Louis XIII

Cette petite monnaie de cuivre, frappée sous Louis XIII (règne : 1610–1643), valait 2 deniers, soit une très faible somme.

Elle permettait d’acheter une bougie, un œuf ou un morceau de pain.

Fabriquées à Tours, les « deniers tournois » sont reconnaissables par leur style rustique.
Ces pièces circulaient largement dans les campagnes et villages comme Pîtres, servant aux petits échanges du quotidien.

  

Balles de mousquet en plomb

Trouvailles à Pîtres et ses environs immédiats - Balles de mousquet en plomb

Ces balles sphériques en plomb, d’un calibre assez large, étaient utilisées dans des mousquets à poudre noire, entre les XVIIe et XIXe siècles. Tirées à courte distance, elles étaient redoutables et faisaient partie de l’armement militaire ou de chasse.

Leur présence à Pîtres évoque peut-être des entraînements, des conflits, ou la chasse rurale.

Chaque balle retrouvée est un écho muet des tensions ou activités militaires passées.


Double denier tournois – Louis Ier

Trouvailles à Pîtres et ses environs immédiats - Double denier tournois – Louis Ier

Datée du XIVe siècle, cette monnaie frappée sous Louis Ier d’Anjou ou de Navarre (selon l’attribution), valait également 2 deniers.

À cette époque, les monnaies sont encore en métal pauvre, mais portent les signes du pouvoir féodal ou royal.

Cette pièce fragile, usée, reflète une économie en mutation, où la monnaie coexiste encore avec le troc.

 

Monnaie en billon – Henri Ier

Trouvailles à Pîtres et ses environs immédiats - Monnaie en billon – Henri Ier

Cette monnaie en billon (alliage d’argent et cuivre) a été frappée sous Henri Ier (roi de France de 1031 à 1060).

C’est une pièce médiévale rare, souvent mal conservée, mais à forte valeur historique.
Sa valeur symbolique dépassait sa valeur marchande : elle affirmait le pouvoir royal dans un royaume encore féodal et morcelé.

Trouvée à Pîtres, elle atteste de la précocité de la présence royale ou du commerce monétarisé dans la région.

 

Jeton des fidèles de Louis XIV

Trouvailles à Pîtres et ses environs immédiats - Jeton des fidèles de Louis XIV

Ce jeton en métal était frappé à l’effigie ou au nom de Louis XIV, souvent pour récompenser ou identifier les fidèles du roi : partisans, officiers ou membres d’institutions royales.

Ces jetons n’étaient pas des monnaies mais servaient à marquer l’appartenance, la loyauté ou la fonction. Ils pouvaient aussi servir de marque d’honneur, parfois distribuée lors de cérémonies ou campagnes politiques.

Le retrouver à Pîtres suggère soit une présence administrative royale, soit un objet perdu par un serviteur du pouvoir monarchique.

Il témoigne de l’emprise symbolique du roi-soleil jusque dans les campagnes normandes.

 

Pièce de 25 centimes de franc Lindauer – 1920

Trouvailles à Pîtres et ses environs immédiats - Pièce de 25 centimes de franc Lindauer – 1920

Cette petite pièce en cupronickel ajouré, frappée en 1920, est un symbole de la reconstruction d’après-guerre. Créée par Oscar Roty*, elle porte un trou central pour faciliter le port en ficelle ou corde, dans un contexte de pauvreté généralisée.

25 centimes représentaient une petite dépense : un pain, un journal, une course locale. Circulant jusqu’aux années 1930, cette pièce marque l'entrée dans une monnaie moderne, républicaine, égalitaire, sans roi ni empereur.

Sa présence à Pîtres évoque le quotidien modeste de l’entre-deux-guerres.

Trouvailles à Pîtres et ses environs immédiats

*Sculpteur et médailleur, il est surtout connu par sa célèbre semeuse aux pieds nus et bonnet phrygien que l’on a trouvée tout au long du XXème siècle sur pièces de monnaie et timbres-poste

 

Grelot complet en métal – Cloche ou attelage

Trouvailles à Pîtres et ses environs immédiats - Grelot complet en métal – Cloche ou attelage

Ce grelot en métal, parfaitement conservé, était sans doute fixé à une cloche, un collier de cheval ou un harnais.

Utilisé dès l’époque médiévale jusqu’au XIXe siècle, le grelot servait à prévenir de la présence d’un animal ou d’un attelage, mais aussi à rythmer la marche. Les sons émis avaient parfois un rôle protecteur ou symbolique, notamment en milieu rural.

Sa découverte à Pîtres rappelle l’importance du transport animal et de la ruralité dans le tissu économique ancien.

 

Blason en cuivre doré – Fleur de lys et attaches

Trouvailles à Pîtres et ses environs immédiats - Blason en cuivre doré – Fleur de lys et attaches

Ce blason en cuivre, couvert d’une fine dorure et orné d’une fleur de lys, est un symbole de l’ancien régime royal.

Les deux attaches à l’arrière suggèrent qu’il était fixé sur un vêtement, un uniforme ou une pièce de cérémonie, peut-être militaire ou religieuse.

La fleur de lys, emblème de la monarchie française, indique une fonction officielle ou une appartenance noble.

Cet objet remarquable révèle la présence de symboles monarchiques forts à Pîtres, peut-être portés par un officier, un dignitaire ou un partisan du roi.

 

Grand plomb décoré – Fleur de lys au centre

Trouvailles à Pîtres et ses environs immédiats - Grand plomb décoré – Fleur de lys au centre

Ce plomb massif, de près de 5 cm de diamètre, présente en relief une fleur de lys centrale.

Il s’agit probablement d’un sceau de plomb, utilisé pour fermer, certifier ou sceller un colis, une missive ou un registre au nom du roi ou d’une administration d’ancien régime.

Le plomb, lourd et malléable, garantissait que le contenu n’avait pas été falsifié. La présence de la fleur de lys, emblème royal, renforce l’hypothèse d’un document ou chargement officiel.

Ce type de plomb est très rare, et témoigne d’un passage administratif ou logistique de haut niveau à Pîtres – peut-être lié à la Seine, axe majeur de circulation.

  

Monnaie républicaine (1792-1799)

Trouvailles à Pîtres et ses environs immédiats - Monnaie républicaine (1792-1799)
Trouvailles à Pîtres et ses environs immédiats - Monnaie républicaine (1792-1799)

Ces pièces de un décime, cinq centimes et un centime, datées des premières années du calendrier révolutionnaire, montrent la figure de Marianne et sont les premières à porter l’intitulé « République Française ». Pendant une courte période, elles ont été frappées en concurrence avec des louis, des manufactures royales ayant continué à utiliser l’effigie du roi jusqu’à sa décapitation le 21 janvier 1793.


Sources

Des heures de marche, beaucoup de kilomètres (à pied) et d'autres heures de recherches sur l'internet pour identification

 

Jassim Abdelaziz

 

 

1 janvier 2026

Le détournement de l'Andelle

Le détournement de l'Andelle

LE DETOURNEMENT  DE L’ANDELLE

Le détournement de l'Andelle

Quand on regarde les deux cartes postales ci-dessus qui datent de 1908, on reconnait bien la maison. 

Le détournement de l'Andelle

Elle est encore debout située au 46,48 route des écluses mais on s’étonne, on s’interroge ! C’est quoi cette rivière ? Comment peut est prise cette photo car la Seine est plus loin ? La réponse est simple : c’est l’Andelle qui passait là avant d’avoir été détournée.

Lorsque l’Andelle est haute et qu’on se trouve en période de crues, l’eau source encore à l’endroit de l’ancien cours à la hauteur des usines Bosmy.


Pourquoi a-t-elle été détournée ? 

Il s’agit d’une époque où le trafic des péniches sur la Seine était important. On venait voir les bateaux passer les écluses de Poses. C'était la promenade du dimanche ! Et il y en avait des péniches dans les écluses à cette époque.

Le détournement de l'Andelle - L’Andelle et ses méandres
L’Andelle et ses méandres

Les péniches attendaient leur tour pour écluser. C’était un vrai spectacle.

L’embouchure de l’Andelle dans la Seine était alors assez près des écluses et cela gênait la navigation des péniches à leur entrée ou leur sortie des sas. 

L’Office National de Navigation (ONN), crée en 1912, l’ancêtre des Voies Navigables de France (VNN) devenu l'organe exécutif du ministère des Travaux Publics, décide donc de détourner l’Andelle et de la faire déboucher beaucoup plus loin .Cette décision est prise en 1931 et un plan est réalisé.

On voit ci-dessous (Plan n°1) le tracé ancien et le tracé supposé avec des zones hachurées où seront déposés les remblais après creusement. 

Le détournement de l'Andelle
Plan n°1

On y voit aussi une boucle qui devait avoir été supprimée auparavant mais n’était pas encore remblayée

On pourrait se demander pourquoi cette boucle avait été supprimée. Ralentissait-elle le trafic fluvial ? Mais qu’est ce qui circulait sur l’Andelle à cet endroit ? On sait que le bois qui venait de la forêt de Lyons était débarqué plus en amont à Pitres sur la place des "flotteaux", au début du chemin blanc (à cause de la craie dont il était recouvert), l’actuelle rue d’Amfreville sous les Monts.

Une autre réponse paraît s'imposer : si l'on avait conservé la boucle, il aurait fallu construire deux ponts pour la voie de chemin de fer, ce qui aurait été beaucoup plus cher que de combler la rivière sous le passage de la voie.

Le plan ci-dessous encore plus précis découpe en 10 zones avec pour chacune un plan de coupe et la quantité enlevée. 

Le détournement de l'Andelle

Le détournement de l'Andelle

Le détournement de l'Andelle

Cela va représenter 97000m3 à 13,50 le m3 le déblai donc un coût de 1 350 000 francs de l’époque (septembre 1931) ce qui correspond à peu près à 1 million d’euros actuels (prix moyen d’un rond-point en 2025) auquel s’ajoute l’achat des terrains.

On a aussi le détail de la nature de la terre qui était enlevée

Le détournement de l'Andelle

Le détournement de l'Andelle

On voit sur le plan n°1 les zones qui seront remblayées, ce qui explique que la place devenue le parc des flotteaux est surélevée par rapport au reste des terrains.

Un appel d’offres a lieu pour réaliser ce travail. Une trentaine d’entreprises répondent dont certaines ayant leur siège social à Paris. Le travail devrait donc être intéressant à réaliser. Contrairement à la rumeur qu’on entendait parfois dans Pîtres, ce ne sont sûrement pas des prisonniers allemands qui ont réalisé ce creusement et d’ailleurs on était quand même bien loin de la fin de la guerre. On a même le tarif auquel chaque profession était payée. 

Il a fallu aussi exproprier les propriétaires des terrains sur lesquels allait passer la nouvelle Andelle. Il y a une trentaine de parcelles, plusieurs appartenant au même propriétaire. On a par exemple le document des parcelles achetées à M Halley. Elles s’appellent les marais. Ces zones étaient-elles encore marécageuses ? Les travaux ont donc débuté vers 1932-1933. 

Le détournement de l'Andelle

On n’en a pas beaucoup de traces dans les registres municipaux, il est seulement mentionné qu’il faudra que les habitants de Poses puissent passer. Il n’y a pas de récriminations, les expropriations n’ont pas dû soulever de protestations. Payé  105 fr. l’are plus une indemnité supplémentaire, c’était peut-être une bonne opération pour les propriétaires.


Le pont sur l’Andelle

Il y avait un pont à l’embouchure de l’Andelle avec la Seine. On le voit en arrière-plan sur une carte des cartes postales d’introduction. Ce pont a été détruit en 1940.

Le détournement de l'Andelle - Pont sur l’Andelle à l’ancienne embouchure
Pont sur l’Andelle à l’ancienne embouchure

En s’approchant de la berge, on peut encore en voir les ruines et on les aperçoit aussi très bien de l’autre côté de la Seine dans l’ile aux bœufs.

Le détournement de l'Andelle - Les vestiges de l’ancien pont

Le détournement de l'Andelle - Les vestiges de l’ancien pont
Les vestiges de l’ancien pont

 

La passerelle sur l’Andelle

Mais il a fallu reconstruire un pont pour franchir l’Andelle ce qui a pris plus de temps que le creusement. Le Préfet de l'Eure envoie une mise en demeure à l’entrepreneur chargé de l’ouvrage. Ce ne sera pas un pont pour véhicule mais seulement une passerelle, l’actuelle passerelle Monet.

Le détournement de l'Andelle - Courrier du Préfet et procès-verbal pour travail non réalisé
Courrier du Préfet et procès-verbal pour travail non réalisé

Le détournement de l'Andelle - Le plan de l'actuelle passerelle Monet
Le plan de l'actuelle passerelle Monet

L’attribution de la construction avait été attribuée à l’entreprise Lemaitre d’Elbeuf. En juin 1934 la passerelle n’étant pas construite, un échange de lettres s’en suit entre les préfets, le maire d’Elbeuf et l’entreprise Lemaitre sans que rien ne fasse avancer le dossier, l’administration met en demeure l’entreprise de réaliser l’ouvrage dans un délai d’un mois. En septembre, il n’y a toujours aucune construction. En octobre le garde champêtre d’Elbeuf se rend au domicile de M Lemaitre et remet à son épouse une notification.

Le détournement de l'Andelle

Nous ne possédons pas la suite mais la passerelle a dû être finalement construite puisque en aout 1940 elle a été détruite comme le pont. Quelques planches permettaient de traverser et l’Entreprise Fréret avait été chargée des réparations.

 

Sources 

- archives départementales 

Merci aux Amis de la batellerie de Poses qui nous ont ouvert leurs archives, conservées sur le Midway II à Poses.


Liliane EBRO